Le gouvernement suisse abaisse ses prévisions de croissance

mardi 16 juin 2015 11h51
 

ZURICH, 16 juin (Reuters) - Le gouvernement suisse a légèrement abaissé ses estimations de croissance pour cette année et la suivante, en raison de la hausse du franc déclenchée par l'abandon en janvier du cours plancher face à l'euro, et a souligné le risque pour la devise d'un éventuel échec des négociations sur la dette grecque.

L'incertitude autour des négociations entre Athènes et ses créanciers a provoqué une fuite vers le franc suisse -- vu comme une valeur refuge dans un contexte de crise -- un mouvement que la Banque nationale suisse (BNS) a tenté de décourager.

"L'économie suisse reste très exposée à de nouvelles variations importantes du taux de change. Les chances de succès pour la Grèce de sortir d'un cercle vicieux qui alimente une crise économique grave, d'une part, et, d'autre part, de trouver une solution au problème du financement de la dette, continuent d'être très incertaines", déclarent les économistes du Secrétariat d'Etat à l'Economie (SECO) dans un communiqué.

Le gouvernement table désormais sur une croissance de 0,8% cette année et de 1,6% l'an prochain, contre respectivement 0,9% et 1,8% auparavant.

Cette nouvelle prévision est publiée deux jours avant la réunion de politique monétaire de la BNS qui, selon une récente enquête de Reuters auprès de 30 économistes, devrait maintenir son taux directeur en territoire négatif.

La BNS a abandonné de façon inattendue en janvier le cours plancher du franc face à l'euro, qui était alors à 1,20 franc, ce qui a entraîné une envolée de la devise suisse et suscité des inquiétudes pour son économie tournée vers les exportations. Le franc s'échangeait à 1,049 pour un euro mardi vers 09h40.

La semaine dernière, l'institut d'études économiques suisse KOF a revu en légère hausse ses prévisions de croissance pour cette année et l'an prochain, à 0,4% en 2015 et 1,3% en 2016, contre 0,2% et 1% respectivement auparavant. (Katharina Bart et Joshua Franklin, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)