June 15, 2015 / 3:54 PM / 2 years ago

LEAD 3-A Alger, deux heures "intenses" entre Hollande et Bouteflika

5 MINUTES DE LECTURE

* La lutte contre le terrorisme au menu des discussions

* Hollande ne veut pas se mêler de la succession de Bouteflika (Actualisé avec fin de la visite)

par Elizabeth Pineau

ALGER, 15 juin (Reuters) - François Hollande a encouragé lundi à Alger le "combat commun" franco-algérien contre le terrorisme, thème abordé lors d'un long entretien avec son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika, que le président français a trouvé d'une "grande maîtrise intellectuelle".

La rencontre de près de deux heures avec le dirigeant nord-africain très diminué depuis un accident vasculaire en 2013 a constitué le moment fort de cette brève visite de travail organisée deux ans après un premier voyage, en décembre 2012.

"Le président Bouteflika m'a donné une impression de grande maîtrise intellectuelle. C'est rare de rencontrer un chef d'Etat qui a cette alacrité, cette capacité de jugement", a raconté François Hollande lors d'une conférence de presse.

Les images prises au début de l'entretien montrent les deux hommes assis dans des fauteuils de chaque côté d'une table basse. Le président algérien a les mains sur les genoux et l'on distingue près de sa bouche un amplificateur de voix.

Mali, Libye, Iran : tous les sujets brûlants ont été abordés lors de cette rencontre où François Hollande a aussi été interrogé par son hôte sur la situation en Ukraine, son récent voyage à Cuba ou encore la politique intérieure française.

"Il est rare d'avoir un échange aussi intense. Nous avons pu aborder de manière forte les sujets qui intéressent nos deux pays", a souligné François Hollande à la résidence de France, là-même où le général de Gaulle avait séjourné de 1943 à 1944.

Sa visite est survenue alors qu'un double attentat attribué à la secte Boko Haram a fait au moins 27 morts à N'Djamena, au Tchad, et que des informations ont fait état de la mort de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, figure de l'insurrection djihadiste en Afrique du Nord et au Sahel. et

"Il y a un faisceau d'informations qui nous laissent penser qu'il a bien été tué dans cette opération", a dit François Hollande à propos de la frappe aérienne américaine, dont la France a été informée mais à laquelle elle n'a pas participé.

Combat Commun

Dans ce contexte troublé, alors que l'Algérie souffre du chaos de la Libye voisine, François Hollande a martelé un message d'encouragement à la lutte contre le terrorisme.

"La sécurité, c'est la lutte contre le terrorisme et je veux aussi souligner le combat commun contre cet ennemi terrible, implacable", a dit à son arrivée à l'aéroport le président, qui est ensuite allé fleurir le sanctuaire du martyr élevé à la mémoire des victimes de la guerre d'Algérie (1954-62).

Dans une tribune publiée en français dans Le Quotidien d'Oran et en arabe dans El Khabar, le chef de l'Etat salue le rôle joué par Alger dans le dossier du Mali, où la France intervient militairement depuis janvier 2013.

Après des mois d'atermoiements, la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), qui regroupe les principaux groupes rebelles touaregs du nord du Mali, se sont entendus pour signer un accord de paix à Alger à la fin du mois.

Au plan économique, la visite de François Hollande devait consolider les "progrès accomplis" depuis trois ans au sein d'"un partenariat d'égal à égal tourné vers le développement et vers la jeunesse", écrit François Hollande dans sa tribune.

Forte d'une amitié "exigeante" avec l'Algérie, selon la formule du président français, la France veut retrouver sa place de premier fournisseur du pays d'Afrique du Nord que lui a ravie la Chine il y a deux ans.

L'Algérie, riche en hydrocarbures, est handicapée par la baisse des prix du pétrole, une économie sclérosée, un chômage élevé et une lourde bureaucratie.

Sur le plan politique, le pays bruit de rumeurs sur une éventuelle succession d'Abdelaziz Bouteflika, réélu l'an dernier pour un quatrième mandat avec plus de 80% des voix malgré sa santé fragile.

Lors d'un aparté avec la presse, François Hollande a assuré qu'il n'avait pas abordé le sujet avec l'intéressé, lâchant par la même occasion une petite phrase à l'intention de ceux qui le disent déjà en campagne pour l'élection présidentielle de 2017.

"Il y a toujours une succession, même quand on ne s'y attend pas... "

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