Le Portugal trouve un repreneur pour la compagnie TAP

jeudi 11 juin 2015 20h31
 

LISBONNE, 11 juin (Reuters) - Un consortium emmené par l'homme d'affaires américano-brésilien David Neeleman va prendre le contrôle de la compagnie aérienne portugaise TAP, mettant fin à un feuilleton de plusieurs années autour de la privatisation de l'ex-pavillon national lourdement endetté.

David Neeleman, fondateur de la compagnie aérienne américaine JetBlue et patron également d'Azul Brazilian Airlines, s'est associé au sein du consortium Gateway avec Humberto Pedrosa, propriétaire d'une compagnie d'autocars au Portugal.

L'Etat portugais vend une participation de contrôle de 61% mais conservera 34% du capital de TAP, qu'il pourra céder dans deux ans. Le solde de 5% est réservé au personnel.

Le secrétaire aux Transports Sergio Monteiro a précisé que le montant de la transaction se situerait entre 354 et 488 millions d'euros, en fonction des performances de la TAP cette année. Ce total inclut une injection de capitaux de 338 millions d'euros de Gateway dans la compagnie.

La TAP constituait un actif intéressant pour les investisseurs brésiliens du fait des nombreux droits d'atterrissage de la compagnie pour des vols entre le Portugal et le Brésil. En raison de cet héritage du passé, de nombreux Européens transitent par le Portugal pour se rendre au Brésil.

Le gouvernement ne touchera que 10 millions d'euros dans l'immédiat mais a obtenu que la dette de plus d'un milliard d'euros de la TAP soit transférée à ses nouveaux propriétaires. En raison de la réglementation européenne contre les aides d'Etat, le gouvernement ne pouvait pas recapitaliser la compagnie.

L'investisseur colombo-brésilien German Efromovich, qui contrôle la compagnie latino-américaine Avianca, était également sur les rangs après avoir déjà fait une offre pour la TAP en 2012.

"On ne peut pas aller contre l'histoire", a déclaré le Premier ministre Pedro Passos Coelho à des journalistes après l'annonce de la vente. "Nous savons ce qui est arrivé à la plupart des pavillons nationaux ces dernières années (...) Si ce processus n'avait pas eu lieu, la TAP aurait été condamnée à la liquidation à moyen terme."

L'opposition socialiste avait vivement contesté le processus de privatisation de la TAP, dont les pilotes ont observé 10 jours de grève le mois dernier. Le gouvernement fait valoir qu'en restant actionnaire, il empêchera des licenciements massifs. (Sergio Goncalves, Véronique Tison pour le service français)