MyFerryLink-La France regrette la décision d'Eurotunnel

mardi 9 juin 2015 16h38
 

PARIS, 9 juin (Reuters) - Le gouvernement français a dit mardi ne pas partager l'analyse qui a conduit Eurotunnel à céder deux navires de sa filiale MyFerryLink au danois DFDS sans l'en informer et entend faire connaître au repreneur ses exigences en termes d'emplois.

L'opérateur du tunnel sous la Manche a expliqué lundi avoir vendu à contrecoeur les deux navires de transports de passagers exploités par la Scop SeaFrance pour MyFerryLink en raison d'une décision contraire de l'autorité britannique de la concurrence. (voir

Eurotunnel, qui avait vu la décision renversée en appel, a également fait valoir que la Scop SeaFrance, une coopérative d'anciens salariés de SeaFrance, n'avait "pas reçu le soutien nécessaire pour présenter une offre de reprise" des bateaux.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, a contesté mardi cette analyse et regretté que le gouvernement n'ait pas été informé au préalable de la vente à DFDS.

"Les conditions étaient effectivement réunies pour que l'exploitation puisse se poursuivre", a-t-il dit lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

"La décision annoncée hier (...) est une décision prise par une entreprise privée, sans aucune information du gouvernement. Nous ne savons pas aujourd'hui quel est le prix de cette transaction, nous ne savons pas quelles sont conséquences sociales de cette transaction", a-t-il déclaré.

"Il est vraisemblable que la Scop sera mise en redressement judiciaire", a ajouté Alain Vidalies au sujet de la coopérative qui emploi près de 600 personnes.

"Certes, c'est une décision d'une entreprise privée, elle a le droit de la prendre, mais nous devons et nous avons le droit de poser les questions sur le seul objectif qui est l'objectif du gouvernement, à savoir sauver le maximum d'emplois dans un bassin déjà si durement touché."

La compagnie MyFerryLink avait été lancée en 2012 avec les navires rachetés par Eurotunnel à SeaFrance dans le cadre de la liquidation judiciaire de la société. (Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)