Cameron s'emmêle sur la question européenne

lundi 8 juin 2015 18h41
 

par Andrew Osborn

KRÜN, Allemagne, 8 juin (Reuters) - Le Premier ministre britannique David Cameron a cafouillé sur la question européenne lors du sommet du G7, semblant adresser un ultimatum à ses propres ministres avant de déclarer qu'il s'agissait d'un malentendu.

Le chef du Parti conservateur a été réélu largement il y a un mois et promet un référendum d'ici 2017 sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE, une fois renégociés les termes de la relation entre Bruxelles et Londres. Il plaide pour le maintien du Royaume-Uni au sein d'une Union européenne réformée.

Dimanche soir, peu après l'annonce de la constitution d'un groupe d'une cinquantaine d'élus eurosceptiques au Parlement , David Cameron a averti ses ministres qu'il ne tolérerait pas de voix dissidentes par rapport à sa stratégie.

"Si vous voulez faire partie du gouvernement, vous devez partager l'opinion que nous sommes engagés dans un exercice de renégociation afin d'organiser un référendum, et que cela débouchera sur un succès", a-t-il dit à des journalistes.

"Tout le monde au gouvernement a accepté cette ligne inscrite dans le programme conservateur", a-t-il insisté.

Face aux critiques du camp eurosceptique qui se sont succédé lundi, David Cameron a dit avoir été "clairement mal compris", déclarant que cette mise en garde à ses ministres ne s'appliquait qu'à la période de renégociation et non à la campagne du référendum elle-même.

Il a toutefois refusé de dire si ses ministres conserveraient leur liberté de vote lors du référendum.

Les eurosceptiques reprochent déjà au Premier ministre de vouloir formuler la question du référendum dans un sens qui favorise selon eux un vote pour l'appartenance et dénoncent le fait qu'il n'ait pas imposé de restrictions aux activités du gouvernement pendant la campagne qui précédera la consultation. (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)