Islande-Contrôle des capitaux allégé en vue, flux sortants taxés

lundi 8 juin 2015 17h22
 

REYKJAVIK, 8 juin (Reuters) - L'Islande a annoncé lundi qu'elle imposerait une taxe de 39% en cas de sortie du pays des actifs recouvrés par les anciens clients de ses banques ayant fait faillite en 2008.

Cette annonce constitue un premier pas vers une levée des mesures d'encadrement des flux de capitaux instaurées il y a sept ans, après la chute des trois principales banques locales -- Glitnir, Landsbanki et Kaupthing -- dans le sillage de la crise financière mondiale.

Le gouvernement espère que cette taxation empêchera une fuite subite et massive de capitaux, qui pourrait faire plonger la couronne islandaise et compromettre l'économie du pays, qui se remet de la récession dans laquelle l'effondrement de son secteur bancaire l'avait brutalement plongé.

Mais les détenteurs d'avoirs gelés depuis la faillite des trois banques locales pourraient lancer une procédure judiciaire contre l'Islande, ce qui pourrait durer des années et maintenir l'Islande à l'écart des marchés internationaux.

Selon l'agence gouvernementale de gestion de la dette, le montant total des actifs concernés s'élève à environ 1.200 milliards de couronnes islandaises, soit environ 8,4 milliards d'euros -- mais le taux de change est difficile à déterminer en raison des mesures de contrôle des capitaux.

L'équivalent de 15% du PIB de l'Islande se trouve par ailleurs entre les mains d'investisseurs étrangers détenant des actifs comme des obligations islandaises, qui ont également été gelés. (Sabina Zawadzki; Myriam Rivet pour le service français, édité par Patrick Vignal)