LEAD 1-Juncker déplore les propos de Tsipras, réclame des propositions

dimanche 7 juin 2015 17h12
 

(actualisé avec la déclaration d'un responsable grec)

KRÜN, Allemagne, 7 juin (Reuters) - Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a accusé dimanche le Premier ministre grec Alexis Tsipras de déformer les propositions des créanciers d'Athènes dans le cadre des négociations sur la dette grecque.

Le chef de l'exécutif bruxellois, qui participe au sommet du G7 en Bavière, n'a pas caché son exaspération vis-à-vis du chef du gouvernement grec, qui a qualifié vendredi d'"absurdes" et d'"irréalistes" les propositions des créanciers (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) pour éviter à la Grèce un défaut de paiement.

"Pour rester amis, il faut respecter un minimum de règles", a déclaré Jean-Claude Juncker, invitant le Premier ministre grec à présenter rapidement des propositions alternatives afin de permettre des négociations au cours de la semaine à venir.

Le président de la CE pense que Tsipras et les autres dirigeants des Etats membres de la zone euro pourront s'entretenir en marge du sommet UE-Amérique latine qui s'ouvre mercredi à Bruxelles.

Lors d'une conférence de presse, il a réaffirmé qu'une sortie d'Athènes de la zone euro n'était pas une option à envisager tout en prévenant qu'il n'avait pas "un lapin à sortir de son chapeau" pour empêcher un 'Grexit'.

Alors qu'on lui demandait s'il y aurait une date butoir aux discussions avec la Grèce, qui risque un défaut de paiement à la fin du mois, Jean-Claude Juncker a répondu: "Bien sûr qu'il y aura une échéance." Sans donner de date.

A Athènes, un responsable grec a déclaré que la Grèce souhaite négocier au niveau politique, et que les discussions soient donc menées par les dirigeants plutôt que par des groupes techniques.

Ces discussions, a-t-il dit, ne doivent pas comporter de date butoir, mais elles doivent être déterminées afin qu'une solution juste et durable soit trouvée.

Samedi, une source au sein de la Commission européenne a déclaré que Jean-Claude Juncker avait refusé de répondre à un appel téléphonique d'Alexis Tsipras afin de manifester son mécontentement.

Le président de la Commission a confirmé que le Premier ministre grec avait essayé de le joindre mais qu'il souhaitait en premier lieu recevoir et étudier une contre-proposition grecque avant de lui parler à nouveau. (Paul Taylor; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)