Juncker refuse de s'entretenir par téléphone avec Tsipras

samedi 6 juin 2015 16h51
 

BRUXELLES, 6 juin (Reuters) - Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a refusé de s'entretenir samedi par téléphone avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, en constatant l'absence de nouveaux développements dans les négociations sur la dette d'Athènes, a déclaré un responsable de la CE.

"Le Premier ministre grec a demandé un entretien téléphonique à 11h00 CET (09h00 GMT) mais Juncker a décliné parce qu'il n'y a pas de progrès dans les discussions et les propositions que la partie grecque avait promis mercredi soir de fournir jeudi ne sont pas parvenues", a dit cette source.

"Il n'y a pas de nouveaux développements, il n'y a donc rien à discuter", a-t-il ajouté.

Tsipras, un moment attendu vendredi à Bruxelles, ne s'y est finalement pas rendu. Selon une source diplomatique européenne, le Premier ministre grec se rendra mardi dans la capitale belge avant un sommet UE-Amérique latine.

Devant le Parlement grec, le chef de file du parti de gauche Syriza a déclaré vendredi que son gouvernement ne pouvait accepter les propositions "absurdes" et "irréalistes" qui lui ont été présentées cette semaine par les créanciers de la Grèce (CE, BCE et FMI) et a dit vouloir croire à leur retrait.

Alexis Tsipras a néanmoins estimé qu'en dépit de ce qu'il a qualifié de "recul dans les négociations", Athènes, l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) étaient "plus proches que jamais d'un accord" -- à condition que la proposition "réaliste" de son gouvernement, qui répond selon lui aux attentes des créanciers, soit prise en considération.

"Nous savons que c'est en partie du théâtre, mais nous ne sommes pas obligés de jouer un rôle dans chaque scène du drame", a commenté le responsable européen.

Dans une interview au quodidien Stuttgarter Nachrichten, le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel estime que la conclusion d'un accord ne dépend désormais que du gouvernement grec. "L'Europe est allée jusqu'à ses limites", dit-il.

Le vice-chancelier, un social-démocrate, critique également directement le Premier ministre Alexis Tsipras en déclarant: "Le problème est qu'il n'est pas disposé à régler les problèmes qui doivent l'être. Il préfère plutôt les faire porter par les épaules des contribuables européens. Mais cela ne marchera pas." (Jan Strupczewski, avec Michael Nienaber à Berlin; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)