France-Carrez ne croit pas au retour à 3% de déficit en 2017

vendredi 5 juin 2015 19h48
 

PARIS, 5 juin (Reuters) - Gilles Carrez, président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, déclare ne pas croire "du tout" en la capacité de la France à ramener son déficit en-deça de 3% du PIB en 2017.

Dans un entretien au Figaro à paraître samedi, le député du groupe "Les Républicains" s'alarme des conclusions du rapport de la Cour des comptes sur le budget de l'Etat 2014, qui faisaient état d'un déficit de 85,56 milliards d'euros, en hausse de 10,69 milliards par rapport à 2013.

"Tous les clignotants sont au rouge", dit-il, soulignant que les recettes sont en baisse pour la troisième année d'affilée et que les dépenses sont "globalement maîtrisées mais continuent d'augmenter si l'on enlève la charge de la dette et les pensions".

S'il reconnaît "un ralentissement par rapport aux tendances passées" sur le plan des dépenses, il dit craindre un "réveil douloureux" lorsque les taux d'intérêt, historiquement bas, commenceront à remonter.

"Je suis inquiet (pour 2015, ndlr) car les mêmes fragilités observées en 2013 et 2014 vont se reproduire, même si la croissance repart un peu", dit-il. "C'est la raison pour laquelle il faudrait faire le point début juillet avec un budget rectificatif."

Le gouvernement a abaissé en avril sa prévision de déficit public à 3,8% du PIB fin 2015, 3,3% fin 2016 et 2,7% fin 2017, puis a annoncé quelques jours plus tard quatre milliards d'euros de réduction supplémentaire pour 2015 afin de réduire de 0,5 point le déficit structurel, conformément aux demandes de la Commission européenne.

La France s'est engagée à ramener son déficit sous les 3% du PIB d'ici 2017 après avoir obtenu un délai supplémentaire de deux ans auprès de l'exécutif européen.

"Je ne crois pas du tout que l'on passera sous la barre des 3% du PIB en 2017, dans la mesure où aucune réforme structurelle n'est engagée, bien au contraire", déclare Gilles Carrez.

"Je crains que l'on reste durablement coincé à un déficit situé autour de 4% du PIB", ajoute-t-il, réclamant au gouvernement de mener des tests comparables à ceux réalisés dans les banques pour évaluer sa capacité de couvrir son besoin de financement, sur la base d'un taux d'intérêt moyen sur dix ans.

(Gregory Blachier)