Monsanto veut rassurer Syngenta sur la faisabilité d'une fusion

jeudi 4 juin 2015 21h02
 

par Pamela Barbaglia et Ludwig Burger

LONDRES/FRANCFORT, 4 juin (Reuters) - Le géant américain des semences Monsanto prépare une nouvelle offre pour reprendre Syngenta mais cherche avant tout à rassurer le groupe suisse sur la faisabilité d'une fusion qui, en l'état actuel, risquerait de se heurter à un veto des autorités de la concurrence.

Des banquiers d'investissement et des analystes s'attendent à voir Monsanto relever son offre d'environ 10%, à un peu moins de 500 francs par action, mais d'autres estiment que le groupe américain ne peut se permettre d'essuyer un nouveau refus et serait prêt à monter jusque vers les 550 francs.

Une première offre à 449 francs par action, soit 45 milliards de dollars (40 milliards d'euros) au total, avait été jugée insuffisante par Syngenta le 8 mai.

Même à un prix qui satisferait le suisse, l'opération paraît risquée puisque le groupe issu de la fusion contrôlerait plus de 40% du marché américain des semences. La transaction "pourrait ne pas se faire", a dit une source proche de Syngenta, en notant un scepticisme croissant au sein du conseil d'administration du chimiste suisse.

Soucieux de répondre à ces inquiétudes, Monsanto s'est engagé le 20 mai, par la voix de son directeur des opérations Brett Begemann, à obtenir un accord "vraiment propre" et "facile à mettre en oeuvre". Pour obtenir l'aval des autorités de la concurrence, le groupe de St. Louis prévoit ainsi de céder l'ensemble des activités de Syngenta dans les semences classiques et transgéniques, ainsi que certains actifs dans la chimie.

Pour convaincre sa cible, car il tient à une offre amicale, Monsanto a modifié son équipe de conseillers juridiques externes et les spécialistes antitrust des deux groupes se sont rencontrés à deux reprises à New York, selon des sources.

Mais rien ne dit que Syngenta se laisse amadouer. La vente des semences, qui représentent environ 30% de son chiffre d'affaires, reviendrait à renoncer à la stratégie d'intégration des activités de semences et de pesticides mise en place par le groupe suisse en 2011.

Le conseil d'administration, présidé par Michel Demaré, veut un accord "sûr" et n'entend en aucun cas courir le risque d'un échec après des mois d'enquête des autorités de la concurrence.   Suite...