Le choc obligataire menace l'efficacité du QE de la BCE

jeudi 4 juin 2015 14h01
 

par Marius Zaharia

LONDRES, 4 juin (Reuters) - Les emprunts d'Etat allemands à 10 ans auront sans doute vécu cette semaine leur pire période depuis la création de l'euro et leur rendement poursuit leur remontée rapide vers le seuil symbolique de 1%.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a pourtant relativisé cette évolution mercredi, expliquant que les investisseurs devaient "s'habituer à des périodes de volatilité accrue".

Mais même si les rendements obligataires restent historiquement faibles, leur forte hausse depuis la mi-avril implique bel et bien un resserrement des conditions monétaires au moment même où la BCE s'efforce d'assouplir celles-ci en achetant 60 milliards d'euros d'actifs par mois sur les marchés.

L'évolution actuelle du Bund, considéré comme l'un des actifs les plus sûrs au monde entre autres de par sa faible volatilité, a donc des implications importantes.

Et notamment parce que les coûts de financement des Etats servent de référence aux taux d'intérêt payés par les entreprises et les consommateurs. Leur hausse équivaut donc à un resserrement des conditions du crédit.

Parallèlement, l'euro, dont la faiblesse en début d'année a favorisé l'activité économique et la remontée des prix, est orienté à la hausse.

Si les rendements continuent de monter, la reprise et le retour de l'inflation pourraient donc être remis en question.

"Les taux d'intérêt à long terme sont très importants pour l'économie au final parce que beaucoup d'investissements et de décisions de financement en dépendent", explique Martin van Vliet, responsable de la stratégie taux d'ING à Amsterdam.   Suite...