Si on en croit le Japon, les rendements en France vont retomber

mardi 2 juin 2015 11h40
 

(GRAPHIQUE des rendements français et japonais: link.reuters.com/nah84w)

TOKYO, 2 juin (Reuters) - Les investisseurs institutionnels, y compris les fonds spéculatifs, étudient attentivement les performances des obligations souveraines japonaises pour tenter de se faire une idée de l'orientation à venir de la dette française, qui vient d'accuser une de ses plus fortes baisses depuis des années.

Le rendement des oligations françaises à 10 ans est remonté à 1,08% au plus haut le mois dernier, certains investisseurs ayant parié sur le succès du programme de rachats d'actifs de la Banque centrale européenne (BCE), qui devrait progressivement lever la menace de déflation en zone euro.

Après l'annonce par la BCE en janvier de son intention de racheter 60 milliards d'euros d'actifs par mois, essentiellement des obligations d'Etats, dans le cadre de sa politique monétaire ultra-accommodante, les rendements étaient tombés à un plus bas record de 0,33%.

Certains fonds spéculatifs notent que cette évolution ressemble étrangement à celle des obligations nippones (JGB) à la suite de l'assouplissement monétaire mis en place par le Banque du Japon début 2013. A l'époque, les rendements de la dette japonaise ont chuté à un plus bas record de 0,32% avant de rebondir de la même façon, à un pic de 1%.

Les variations erratiques des obligations françaises suivent ce mouvement de si près que certains fonds ont créé des graphiques qui superposent les courbes de rendements européens et celles de la dette nippone en 2013, souligne Tetsuro Ii, président de Commons Asset Management à Tokyo.

Les rendements du Bund allemand ont suivi le même chemin depuis fin avril, même si les taux en France sont plus proches des rendements japonais, la France étant plus comparable au Japon que l'Allemagne en matière de notation.

Le rendement à 10 ans nippon est désormais retombé et a touché un nouveau record à la baisse de 0,2% en janvier.

Si le parallèle entre les deux marchés se prolonge, alors les rendements de la dette en zone euro retomberont progressivement, sous le coup des rachats d'actifs de la BCE. (Hideyuki Sano, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)