L'Australie maintient son taux directeur à 2,0%, comme attendu

mardi 2 juin 2015 07h51
 

SYDNEY, 2 juin (Reuters) - La banque centrale d'Australie a maintenu mardi son principal taux directeur à 2,0%, une décision largement attendue après la baisse du mois dernier à un plus bas record.

Dans son communiqué de politique monétaire, la RBA (Reserve Bank of Australia) ne mentionne pas explicitement la possibilité de nouvelles baisses de taux, ce qui a profité au dollar australien sur le marché des changes. Mais elle s'engage néanmoins à garder un oeil sur l'économie en évaluant sa politique.

Les économistes interrogés par Reuters étaient unanimes à prévoir un statu quo ce mois-ci après les baisses de taux consenties en février et en mai.

"Le maintien du taux directeur à 2% est tout sauf une surprise", commente David Choi, gérant chez Aberdeen Asset Management. "Mais la banque centrale semble encline à assouplir encore sa politique si nécessaire. C'est important car l'économie australienne reste fragile : les vents contraires proviennent de l'endettement des ménages, de la faible croissance salariale et de la vigueur du dollar australien."

De fait, les futures interbancaires montrent une possibilité de 50% d'une nouvelle baisse de taux avant octobre et ce pourcentage monte à 80% d'ici Noël.

"On peut parler de biais accommodant implicite", dit Michael Workman, économiste chez CBA. "La RBA baissera encore son taux si le dollar Aussie n'est pas coopératif."

La statistique du produit intérieur brut du premier trimestre, publiée mercredi, devrait illustrer le besoin de soutien de l'économie. Les économistes prévoient en moyenne une croissance modeste de 0,7% sur trois mois et de 2,1% sur un an, contre 2,5% au quatrième trimestre.

L'économie australienne n'a plus connu de récession en bonne et due forme depuis 1991 mais cela fait six ans qu'elle n'a plus atteint son potentiel de croissance estimé à 3,25%.

Le ralentissement venu de l'industrie minière, elle-même affectée par la chute des cours des matières premières, a fait grimper le taux de chômage à 6,2%, pratiquement son plus haut niveau depuis 10 ans.   Suite...