Pour l'ex-patron de Lehman, sa banque n'était pas en faillite

vendredi 29 mai 2015 04h30
 

par Lauren Tara LaCapra

NEW YORK, 29 mai (Reuters) - Plus de six ans et demi après la faillite de Lehman Brothers, son patron de l'époque, Richard Fuld Jr, continue d'affirmer sans se repentir que sa banque n'était pas aux abois mais a été emportée par une "tempête parfaite" face à laquelle il était impuissant.

Pour sa première intervention en public depuis la crise financière dont la faillite de Lehman Brothers a été le rebondissement le plus spectaculaire, Richard Fuld a déclaré jeudi lors d'une conférence à Manhattan: "Lehman Brothers en 2008 n'était pas une entreprise en faillite."

Durant cette intervention d'un peu plus d'une demi-heure, l'ancien banquier a mêlé nostalgie, en rappelant l'histoire de Lehman Brothers et les souvenirs de sa propre carrière à Wall Street, humour, en reprochant à son auditoire de songer davantage au repas à venir qu'à ses propos, et émotion, en témoignant de son mal-être et de ses efforts pour regagner confiance en lui après la faillite de son établissement.

Il n'a en revanche guère reconnu d'erreurs ni exprimé de regrets.

"Quoi que vous puissiez entendre sur la gestion du risque chez Lehman, j'avais 27.000 gestionnaires de risque au sein de l'entreprise car ils possédaient tous une partie de l'entreprise", a-t-il dit en allusion à l'ensemble des employés de la banque à l'époque, qui en étaient tous actionnaires selon lui.

A l'issue d'un week-end de vaines tractations entre patrons de banques et responsables gouvernementaux pour tenter de mettre au point un plan de sauvetage, Lehman Brothers s'est déclarée le 15 septembre 2008 en situation de dépôt de bilan pour la plus grosse faillite de l'histoire des Etats-Unis.

Son effondrement a déclenché une panique généralisée sur les marchés qui a contraint l'Etat fédéral à intervenir massivement pour sauver des établissements avec l'argent du contribuable. Il a aussi engendré des pertes considérables pour ses employés et ses actionnaires.

Richard Fuld a imputé jeudi les malheurs de sa banque à un ensemble d'acteurs extérieurs allant des spéculateurs de court terme aux autorités fédérales.   Suite...