LEAD 2-La BCE ne peut accepter de collatéral grec pour l'instant-Nowotny

jeudi 28 mai 2015 09h20
 

(Actualisé avec du contexte)

FRANCFORT, 28 mai (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) doit respecter des règles claires pour ce qui est du financement de la Grèce, a déclaré Ewald Nowotny, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE.

"Pour nous, il est tout à fait évident que certaines conditions doivent être remplies. La première condition est de savoir si nous pouvons accepter par exemple des actifs grecs, des emprunts grecs, comme garantie. La réponse est, pour l'instant, non", a-t-il dit à la chaîne de télévision CNBC.

La BCE refuse depuis février les obligations grecques comme collatéral en échange de ses financements. Le secteur bancaire grec ne peut se refinancer que par l'intermédiaire de la banque centrale grecque suivant le mécanisme dit de fourniture de liquidité d'urgence (ELA).

"Soyons bien clairs: nous n'avons pas la possibilité de faire, disons, un financement en dehors de nos règles. Je sais qu'on a évoqué ici et là une sorte de financement provisoire de notre part mais je ne vois pas comment nous pourrions le faire légalement", a ajouté le gouverneur de la banque centrale autrichienne.

Les propos de Nowotny interviennent alors qu'Athènes a dit mercredi que les travaux de rédaction d'un projet d'accord avec les créanciers avaient commencé, ouvrant ainsi la voie au déblocage d'une aide financière, propos que des hauts fonctionnaires européens ont rapidement démenti.

Sans accord entre la Grèce et ses bailleurs de fonds sur un programme de réformes, Athènes risque le défaut de paiement. Elle doit rembourser 300 millions d'euros au Fonds monétaire international (FMI) le 5 juin et plusieurs responsables gouvernementaux disent qu'elle n'a pas les moyens de le faire.

Nowotny a par ailleurs déclaré qu'une situation de taux d'intérêt ultra-bas, au point parfois d'être négatifs, ne pouvait constituer une solution de long terme. "Une situation de taux d'intérêt bas peut être pertinente pendant une certaine période mais ce monde de taux d'intérêt ultra-bas ne constitue pas un équilibre de long terme", a-t-il dit.

"Nous finirons par revenir, disons, à une relation de normalité pour ce qui concerne les taux d'intérêt".

(Georgina Prodhan et John O'Donnell, Wilfrid Exbrayat pour le service français)