France-Le traitement des fonctionnaires restera gelé-Lebranchu

mercredi 27 mai 2015 08h33
 

PARIS, 27 mai (Reuters) - Le dégel du point d'indice, étalon de la rémunération des fonctionnaires, n'est pas à l'ordre du jour, a répondu mercredi la ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu aux syndicats qui ont interpellé François Hollande sur le sujet.

Cinq organisations syndicales de la fonction publique (CGT, FSU, FO, Solidaires et FAFP) ont écrit mardi au chef de l'Etat pour lui demander de revenir sur le gel des traitements décidé en 2010 par la droite au pouvoir et maintenu depuis.

Ces organisations, qui avaient organisé avec d'autres une journée de mobilisation sur le sujet il y a déjà un an, évoquent "une perte de pouvoir d'achat inédite et catastrophique pour tous les agents" et une "paupérisation pour nombre d'agents".

"Nous vous demandons l'ouverture de négociations permettant d'aboutir à une augmentation immédiate, générale et significative de la valeur du point d'indice ainsi qu'à des mesures de rattrapage pour les pertes intervenues les années antérieures", écrivent-elles.

L'année dernière, Marylise Lebranchu avait expliqué qu'un geste serait possible uniquement "le jour où la croissance redémarrera " mais, interrogée sur RTL mercredi, elle a opposé aux syndicats une fin de non-recevoir.

A la question de savoir si le gouvernement allait revenir cette année sur le gel du point d'indice, elle a répondu: "Non".

"Nous en discuterons bien évidemment jusqu'à la fin du mandat; chacun va regarder les recettes de l'Etat autant que la dépenses qui est très lourde", a-t-elle ajouté.

La ministre a souligné que l'Etat ne récoltait pas encore les fruits de la récente reprise économique, marquée par une croissance de 0,6% au premier trimestre, selon la première estimation de l'Insee.

"La croissance est de retour oui; le retour sur recettes on ne l'a pas encore, et les fonctionnaires comprennent de manière globale qu'avec 44 milliards et quelques de remboursement de la dette, on ne peut pas tout faire tout de suite", a-t-elle dit.

Assurant que les syndicats avaient "raison de s'exprimer" et disant les comprendre, Marylise Lebranchu a estimé que leurs demandes relevaient d'abord d'un "besoin de reconnaissance" et a dit vouloir donner la priorité à "l'amélioration des carrières".

(Gregory Blachier)