Pas de trading sur Monte Paschi en Bourse de Milan

lundi 25 mai 2015 11h14
 

par Valentina Za

MILAN, 25 mai (Reuters) - L'action Monte dei Paschi di Siena n'était pas traitée lundi en matinée, la troisième banque italienne ayant effectué sa deuxième augmentation de capital en moins d'un an pour assainir son bilan.

La banque toscane lève trois milliards d'euros, soit plus que sa capitalisation qui était de 2,44 milliards d'euros à la fin de la semaine dernière, en plaçant 2,56 milliards d'actions nouvelles afin de combler un déficit de fonds propres repéré l'an passé lors de l'examen de santé effectué par la Banque centrale européenne (BCE).

La banque propose 10 actions nouvelles à 1,17 euro pièce par action ancienne. Le droit de souscription peut être échangé jusqu'au 8 juin et exercé jusqu'au 12 juin.

Les conditions de l'offre impliquent un prix théorique hors coupon (TERP) de 1,92 euro pièce sur la base du cours de clôture de vendredi et un prix du droit de souscription de 7,50 euros pour 10 actions nouvelles.

Le cours indicatif de l'action est de 2,306 euros, soit une hausse de 20%, les ordres d'achat représentant plus de 3.000 fois les ordres de vente.

Toutefois, le droit de souscrire à l'augmentation de capital , qui n'est pas non plus traité mais qui, de l'avis des analystes, est le véritable indicateur de la réponse du marché au placement, est indiqué à 6,50 euros, impliquant une baisse de 15% sur la valorisation du TERP.

Les augmentations de capital provoquent habituellement une baisse du cours de l'action mais dans le cas de Monte dei Paschi, le fort effet de dilution (91% pour les actionnaires qui ne souscrivent pas) a un effet de distorsion sur le trading.

Cela s'explique par le fait que les dérivés sur l'action de la banque prennent en compte le nombre bien plus élevé d'actions qui sera disponible seulement à la fin de l'augmentation de capital, créant une pénurie de titres artificielle, commentent des traders.

La même chose s'était produite en juin 2014, lors de la première augmentaton de capital, encore plus importante (cinq milliards d'euros) et donc dilutive.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français)