QE/La BCE insiste sur la nécessité de maintenir le cap-minutes

jeudi 21 mai 2015 14h40
 

FRANCFORT, 21 mai (Reuters) - Les gouverneurs de la Banque centrale européenne ont convenu le 15 avril que le plan de rachats d'actifs de 60 milliards d'euros par mois fonctionnait bien, tout en jugeant qu'il ne porterait tous ses fruits que si les Etats mettaient en oeuvre des réformes, selon le compte-rendu de la réunion publié jeudi.

Les membres du conseil des gouverneurs de la BCE ont conclu que la politique dite d'assouplissement quantitatif (QE) d'actifs se déroulait sans encombre, que les craintes d'une pénurie de titres étaient excessives et que son impact sur les marchés était déjà visible un mois après son démarrage, avec de meilleures perspectives de croissance et d'inflation.

"Il a cependant été rappelé qu'un tel scénario était conditionné à la mise en oeuvre complète des mesures de politique monétaire prises par le conseil des gouverneurs depuis la mi-2014", déclare la BCE dans les "minutes" de sa réunion. "Globalement, ses membres ont convenu que l'accent devait être mis sur le maintien du cap de la politique monétaire."

La BCE a commencé en mars à racheter 60 milliards d'euros d'actifs par mois, essentiellement des emprunts d'Etat, ce programme étant censé redynamiser l'économie et relancer l'inflation. Les rendements des emprunts d'Etat avaient baissé fortement, avant même que le programme de QE soit lancé, signe de son efficacité.

Mais depuis la réunion d'avril, les rendements ont vivement rebondi à la suite d'un fort courant de ventes sur le marché obligataire, le rendement du Bund à 10 ans prenant ainsi 70 points de base, un mouvement partiellement lié à un regain d'inquiétudes sur la conjoncture économique et la dette de la Grèce.

"Un signal fort devait être envoyé aux Etats de la zone euro pour les pousser à mettre en oeuvre des réformes structurelles et à prendre des mesures d'amélioration de l'environnement économique", a déclaré la BCE.

Les "minutes" de la réunion fournissent un compte-rendu des discussions mais n'incluent pas le résultat des votes, ni de précisions sur les tensions qui peuvent émerger lors des prises de décisions de la BCE, qui cherche créer un consensus entre les 19 Etats membres, de l'Allemagne à la Grèce. (Balazs Koranyi, Juliette Rouillon pour le service français, édité par wilfrid Exbrayat)