Le Parlement européen durcit les règles pour les métaux précieux

mercredi 20 mai 2015 15h32
 

STRASBOURG, 20 mai (Reuters) - Le Parlement européen s'est prononcé mercredi en faveur d'une certification obligatoire pour les fondeurs et les affineurs de métaux précieux en provenance de zones de conflits, mais aussi pour les importateurs de ces produits.

Il veut contraindre ces entreprises à prouver que l'obtention de ces matières premières n'est ni entâchée de violations des droits de l'homme, ni liée au financement de groupes armés, à de l'évasion fiscale ou du blanchiment.

Le Parlement était initialement divisé sur cette position défendue par la gauche et les libéraux. Il a finalement décidé de la présenter au Conseil européen en vue d'un accord définitif avec les Etats.

La Commission européenne proposait une certification volontaire des importateurs et producteurs des quatre métaux concernés (étain, tantale, tungstène et or), pour ne pas faire peser une charge trop lourde sur les plus petites entreprises.

Selon ses détracteurs, une certification obligatoire pourrait aussi entraîner un quasi-embargo vis-à-vis des pays concernés, dont les pays africains de la région des grands lacs.

La droite du Parlement européen proposait un compromis : n'imposer la certification qu'aux fondeurs et affineurs.

"Nous sommes contre le marché de la mort mais nous voulons aussi un système qui permette aux entreprises de survivre", a plaidé l'eurodéputé italien Salvatore Cicu (Forza Italia).

"Nous avons besoin d'une traçabilité obligatoire des minerais sur l'ensemble de la chaîne", a au contraire estimé son compatriote Gianni Pittella, président du groupe des socialistes et démocrates. (Gilbert Reilhac, édité par Emmanuel Jarry)