BOURSE-Ipsos recule, Natixis voit un risque de dégradation du BPA

mercredi 20 mai 2015 12h56
 

PARIS, 20 mai (Reuters) - Ipsos accuse mercredi une des plus fortes baisses de l'indice SBF 120 à la Bourse de Paris après que Natixis a abaissé sa recommandation sur le titre de neutre à alléger, avec un objectif de cours ramené de 24,5 à 22 euros.

A 12h50, Ipsos perd 2,44% à 25,15 euros, tandis que le SBF 120 cède 0,16%. Le titre conserve un gain de 6% depuis début janvier après une perte de 23,8% en 2014.

"Le segment des études de marché connaît un bouleversement brutal depuis 5 ans: la collecte de données, puis leur analyse, et désormais même la restitution de cette analyse, deviennent des processus automatisés. Ce qui prive les sociétés d'études d'une partie de leur valeur ajoutée et entraîne donc le rétrécissement de leur marché adressable", écrivent les analystes de Natixis dans une note sur les agences de publicité et d'études.

"Cette révolution est tellement rapide et dangereuse que le parallèle avec les sociétés d'annuaires, 10 ans après, devient pertinent avec les mêmes thèmes: nouveaux concurrents numériques, déflation, pression sur le besoin de fonds de roulement, volatilité des contrats, réorganisations et donc incertitude sur les marges et le FCF (free cash flow)."

Natixis voit des motifs d'optimisme avec un rebond du marché des études en 2015 et un double changement d'organisation, en direction des métiers de conseil et de la donnée propriétaire, celle-ci devenant "l'unique élément de différenciation dans l'industrie".

Ce changement, ajoute le broker, s'accompagnera cependant de restructurations "récurrentes" dont le coût significatif devrait empêcher "le rebond des marges auquel croît encore une partie du consensus, notamment sur Ipsos".

Natixis préfère l'allemand GfK, dont la croissance organique va continuer à accélérer en 2015 et 2016, tandis qu'il estime que le risque de dégradation du bénéfice par action "demeure" chez Ipsos, dont le premier client Procter & Gamble risque de subir un sixième recul trimestriel de son chiffre d'affaires et de couper encore dans ses dépenses.

(Raoul Sachs, édité par Dominique Rodriguez)