USA-Le drame de Philadelphie relance le débat sur les transports

vendredi 15 mai 2015 04h05
 

WASHINGTON, 15 mai (Reuters) - Le déraillement d'un train à Philadelphie a relancé le débat sur l'état délabré des infrastructures de transport aux Etats-Unis et sur l'échec des autorités à résoudre ce problème.

Le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, a jugé "stupide", comme le font les démocrates, d'établir un lien entre la baisse du budget de l'Amtrak, compagnie ferroviaire publique, et l'accident qui a fait huit morts mardi en banlieue nord de Philadelphie.

Il a déclaré jeudi que les programmes touchant à la sécurité des voyageurs étaient correctement financés. "Evidemment qu'il ne s'agit pas d'un problème de financement. Le train allait deux fois trop vite. (...) La sécurité ferroviaire n'a pas subi de baisse de financement et la Chambre a voté ce printemps une loi renouvelant l'autorisation d'Amtrak", a-t-il dit à la presse.

Mais les experts et les démocrates soutiennent que les réductions budgétaires ont causé des retards dans la mise en place de la technologie PTC (Positive Train Control), qui permet le freinage ou l'arrêt automatique d'un train en cas de danger.

Même si le Congrès a ordonné en 2008 que ce système soit en place sur toutes les lignes des Etats-Unis d'ici la fin 2015, le PTC n'était pas installé sur le tronçon où s'est produit le déraillement.

"Nier qu'il y ait un lien entre l'accident et le sous-financement de l'Amtrak, c'est nier la réalité", a estimé le sénateur démocrate de New York Charles Schumer.

Mardi, jour de l'accident, la commission des dotations de la Chambre des représentants a voté une baisse de 262 millions de dollars dans les programmes d'investissement d'Amtrak, dans le cadre d'une loi de financement des transports et du logement.

Lors d'une conférence de presse jeudi à Camp David, Barack Obama s'est prononcé pour une hausse des investissements dans les infrastructures, "pas seulement quand un événement grave se produit, comme l'effondrement d'un pont ou le déraillement d'un train, mais en permanence". (David Lawder; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)