May 11, 2015 / 11:54 AM / 2 years ago

LEAD 6-La Grèce paie le FMI mais l'Eurogroupe reste prudent

7 MINUTES DE LECTURE

* Athènes annonce avoir remboursé 750 mlns au FMI

* L'Eurogroupe prendra acte de la bonne volonté grecque, pas plus

* Schäuble n'est plus opposé par principe à un référendum en Grèce

* Dijsselbloem-Risque de retard en cas de référendum (Actualisé avec les déclarations de Varoufakis)

par Renee Maltezou et Tom Körkemeier

BRUXELLES, 11 mai (Reuters) - La Grèce a annoncé lundi avoir remboursé 750 millions d'euros au Fonds monétaire international (FMI), une échéance un temps jugée à haut risque, mais les ministres des Finances de la zone euro, tout en reconnaissant les progrès réalisés, ont maintenu la pression sur Athènes pour tenter d'accélérer les discussions sur les réformes.

Rassemblés à Bruxelles pour la réunion mensuelle de l'Eurogroupe, les ministres des 19 ont publié un bref communiqué pour saluer les efforts de la Grèce tout en soulignant la nécessité de progrès supplémentaires afin de surmonter les désaccords qui persistent.

"Nous avons salué les progrès qui ont été réalisés jusqu'ici", disent les ministres en évoquant des mesures qui ont contribué à rendre possible "une discussion plus substantielle".

Mais ils reconnaissent qu'il faut encore "du temps et des efforts" pour rapprocher les positions sur les questions encore en suspens afin d'éviter un défaut de la Grèce.

L'Eurogroupe salue la volonté affichée par les autorités grecques d'accélérer le travail avec les institutions et rappelle que le communiqué du 20 février reste le cadre des discussions en cours.

Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a dit que les divergences avec les créanciers s'amenuisaient pour ce qui concernait la réforme de la TVA, les privatisations et les créances douteuses mais a ajouté que la réforme du marché du travail restait une question délicate.

Le président de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, a évoqué la possibilité de versements partiels au bénéfice de la Grèce en échange de l'application par le pays des réformes là aussi par étapes.

"Il se pourrait que nous morcelions la procédure de mise en oeuvre (des réformes) et que les déboursements suivent eux aussi sous forme morcelée", a-t-il dit, lors d'une conférence de presse, prévenant toutefois qu'un référendum pourrait retarder les versements.

"Il est évidemment primordial que non seulement nous concluions un accord sur le papier mais aussi que sa mise en oeuvre commence. On peut penser qu'en cas de référendum, la mise en oeuvre ne commencerait pas avant qu'il ait été organisé et il semble alors que ça ne collerait pas".

Pas De Referendum en Vue

Yanis Varoufakis a observé qu'un référendum n'était pas à l'ordre du jour, estimant que la situation de trésorerie du pays était une question plus pressante.

"C'est un outil à la disposition du gouvernement grec mais, pour ce qui nous concerne, il n'est pas en vue", a-t-il dit.

L'Allemagne, l'un des pays les plus réticents à des concessions envers Athènes, a quant à elle infléchi sa position à ce sujet. Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a estimé qu'un référendum en Grèce sur les réformes économiques pourrait favoriser la conclusion d'un accord.

"Si le gouvernement grec pense qu'il doit organiser un référendum, alors qu'il organise un référendum", a-t-il dit. "Cela pourrait même être une bonne chose que le peuple grec décide s'il est prêt à accepter ce qui est nécessaire ou s'il veut autre chose."

Les partenaires d'Athènes se sont jusqu'à présent opposés à une telle hypothèse, estimant que soumettre l'issue du plan d'aide au choix des électeurs risquerait de déstabiliser les marchés financiers et de précipiter un effondrement du système bancaire grec.

Aujourd'hui, certains observateurs estiment qu'un tel scrutin pourrait permettre à Alexis Tsipras de revenir sur certaines de ses promesses électorales, facilitant ainsi un compromis.

Des sources proches des discussions au sein de la Banque centrale européenne (BCE) ont déclaré pour leur part que les avancées réalisées sur les sujets clés étaient trop limitées et les incertitudes encore trop importantes pour autoriser Athènes à augmenter ses émissions de bons du Trésor, sa principale source de liquidité.

A Athènes, des responsables du ministère grec des Finances ont annoncé qu'un paiement d'environ 750 millions d'euros au FMI au titre de l'échéance d'un prêt mardi avait été effectué. "L'ordre de paiement au FMI a été exécuté", a dit l'un d'eux.

La Grèce a dû recourir ces dernières semaines à des mesures exceptionnelles pour remplir ses caisses et éviter de compromettre le paiement des traitements et des pensions de retraite à la fin du mois.

"La Grèce tiendra toujours ses engagements envers ses créanciers et c'est évidemment ce que nous ferons une fois de plus demain", a dit le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, à son arrivée à Bruxelles.

Un "Grexit" jugé De Moins en Moins Probable

Wolfgang Schäuble et Yanis Varoufakis se sont entretenus en aparté avant l'Eurogroupe mais rien n'a filtré sur la teneur de leur discussion.

Dans l'immédiat, des responsables de la zone euro estiment que la Grèce pourra faire face à ses obligations jusqu'à la fin mai puisqu'elle a obligé les entreprises publiques, les administrations et les collectivités locales à transférer leur trésorerie à la banque centrale.

Mais ils ajoutent que les discussions doivent aboutir au plus tard à la fin du mois pour permettre qu'un accord soit soumis au parlement de chacun des pays où cette procédure est indispensable, afin que les 7,2 milliards d'euros d'aide en suspens puissent être versés avant la fin du plan d'assistance en cours, le 30 juin.

Selon un sondage Marc publié lundi par le quotidien Ton Syntakton, 76,9% des Grecs veulent que leur pays reste dans la zone euro, 19,2% seulement d'entre eux préférant un retour à la drachme.

Aux yeux des investisseurs, la probabilité d'une sortie de la Grèce de la zone euro a diminué ces derniers jours: elle n'est plus estimée qu'à 23% selon la médiane des réponses recueillies auprès de traders obligataires, contre 40% il y a deux semaines.

"Le défaut et le Grexit sont deux choses très différentes", dit l'un des professionnels interrogés. "Ils peuvent faire défaut, faire partiellement défaut, mais ils ne quitteront pas la zone euro." (avec George Georgiopoulos et Angeliki Koutantou à Athènes, Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry à Paris; Marc Angrand, Guy Kerivel et Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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