Wall Street attend avec confiance les indicateurs de mai

dimanche 10 mai 2015 17h13
 

NEW YORK, 10 mai (Reuters) - Rassurés par le rebond des
créations d'emploi en avril, les investisseurs américains
attendent maintenant les premières statistiques du mois de mai
pour avoir la certitude que le coup de frein de la croissance au
premier trimestre n'était dû qu'à des facteurs temporaires comme
le mauvais temps.
    Le ventes au détail d'avril, attendues mercredi, et la
production industrielle du même mois, vendredi, seront les
indicateurs les plus importants de la semaine mais deux enquêtes
- l'indice "Empire State" dans l'Etat de New York et l'indice de
confiance de l'Université du Michigan - donneront vendredi un
premier aperçu de la situation en mai, sans parler des chiffres
hebdomadaires des inscriptions au chômage qui sortent le jeudi.
    L'indice Empire State, qui mesure l'activité industrielle
dans le ressort de la Fed de New York, est attendu en nette
hausse à 4,50% après -1,19 en avril tandis que l'indice de
confiance du consommateur établi par l'Université du Michigan
est prévu en petite progression à 96,0 contre 95,9. 
    Les ventes au détail devraient de leur côté avoir progressé
de 0,2% en avril et de 0,5% hors automobile, alors que la
production industrielle se serait reprise de 0,1% après sa
baisse de 0,6% de mars qui était sans précédent depuis plus de
deux ans et demi.
    Le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a augmenté de
0,2% seulement en rythme annualisé au premier trimestre, selon
une première estimation publiée en avril, et certains
indicateurs publiés depuis suggèrent que le chiffre officiel
pourrait indiquer une contraction de la première économie du
monde en janvier-mars, conséquence des vagues de froid qui se
sont abattues sur le pays mais aussi d'une grève dans les ports
de l'Ouest et de la baisse des investissements dans le secteur
pétrolier. 
    Les chiffres de l'emploi d'avril, publiés vendredi dernier,
ont cependant conforté les espoirs de rebond au deuxième
trimestre. Le nombre de postes créés a atteint 223.000, conforme
aux attentes des économistes, après seulement 85.000 (révisé) en
mars et le taux de chômage a reculé de 0,1 point à 5,4%, son
plus bas niveau depuis sept ans, selon les chiffres du
département du Commerce. 
    La statistique dénote une reprise de l'économie après le
coup de mou du début d'année sans pour autant faire craindre une
surchauffe susceptible d'amener la Réserve fédérale à précipiter
un relèvement de ses taux d'intérêt.
    
    LES DISTRIBUTEURS ATTENDUS SUR LES SALAIRES
    Wall Street a salué la nouvelle par une hausse de plus de
1,49% de l'indice Dow Jones et le S&P-500 a pris
1,35%, leur meilleure performance depuis le 1er mai.
    "Le marché a adoré le rapport sur l'emploi, qui n'aurait pu
être meilleur", notait Jack Ablin, directeur des investissements
chez BMO Private Bank à Chicago. "C'est un bon chiffre mais en
même temps pas assez fort pour susciter des inquiétudes du côté
de la Fed."
    Les plus grandes banques de Wall Street pensent que la
banque centrale commencera à relever ses taux en septembre et
qu'elle le fera à deux reprises d'ici la fin de l'année, selon
une enquête Reuters effectuée dans la foulée des chiffres de
l'emploi. 
    Le bas niveau des taux d'intérêt, maintenus à juste
au-dessus de zéro depuis décembre 2008, a alimenté la hausse de
0,68% du S&P 500 depuis fin décembre 2011 mais cela amène
régulièrement les intervenants de marché à se demander comment
la place boursière va réagir à un premier tour de vis monétaire
en près de dix ans, d'autant que Janet Yellen, la présidente de
la Fed, a mis en garde il y a quelques jours contre le niveau
élevé de valorisation des marchés actions. 
    Les indicateurs des prochains jours seront d'autant plus
suivis que la saison des résultats touche à sa fin. Comme
toujours, les distributeurs ferment la marche avec les
publications de Macy's, Nordstrom et Kohl's
 cette semaine, avant Home Depot, Wal-Mart
, Target et Gap la semaine suivante.
    L'attention se portera surtout sur leurs politiques
salariales alors que Wal-Mart, Target, Gap et McDonald's 
ont d'ores et déjà augmenté leurs employés en réponse à un
mouvement de grogne qui s'étend dans le pays et qui a donné lieu
à des manifestations dans les grandes villes le 15 avril.
    "Avec le chômage qui baisse, l'employé a davantage de
latitude", commente Thomas Sudyka, de la société de gestion
Lawson Kroeker à Omaha, dans le Nebraska. Selon les statistiques
publiées vendredi, le salaire horaire moyen a progressé de trois
cents en avril, soit une hausse de 2,2% sur un an.

 (Avec Sinead Carew et Noel Randewich, Véronique Tison pour le
service français)