La Grèce ne vise plus qu'une croissance de 0,8% ou plus en 2015

dimanche 10 mai 2015 16h05
 

ATHENES, 10 mai (Reuters) - La Grèce ne prévoit plus qu'une croissance d'au moins 0,8% cette année, moins du tiers de la projection initialement retenue dans le projet de budget 2015, selon un projet de réforme publié ce week-end par le ministère des Finances et qui suscite de nouvelles interrogations sur sa dette.

Le projet de budget initial présenté fin 2014 entrevoyait une croissance de 2,9% cette année, puis cette prévision avait été ramenée à 1,4% en mars dans un document envoyé aux créanciers internationaux du pays.

Le gouvernement du Premier ministre Alexis Tsipras, élu en janvier sur la promesse d'en finir avec l'austérité, a engagé depuis de difficiles négociations sur la dette qui n'ont produit aucun résultat concret à ce jour.

Le document de 89 pages publié samedi par le ministère des Finances présente des initiatives que le gouvernement souhaite prendre sur le long terme plutôt qu'une liste précise de réformes susceptible de débloquer les négociations avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international.

Le gouvernement y explique que des rentrées fiscales plus faibles que prévu en 2014 et l'incertitude sur le financement du pays ont compliqué le calcul de la prévision de croissance pour cette année.

"Toutefois, il est estimé que les conditions favorables pour l'économie grecque seront maintenues. A titre indicatif, le taux de PIB pour 2015 devrait dépasser celui de 0,8% observé en 2014", lit-on dans le texte.

Le pays est sorti l'an dernier d'une récession de six ans entretenue par l'austérité et qui a réduit son produit intérieur brut d'un quart sur cette période, avec des conséquences dramatiques pour l'emploi et le niveau de vie des Grecs.

La Commission européenne a réduit mercredi dernier sa prévision 2015 pour la croissance grecque à 0,5%, au lieu de 2,5%, du fait des incertitudes politiques.

L'institut grec de conjoncture IOBE a pour sa part revu sa prévision à 1,0% alors qu'il tablait en janvier sur une croissance de 2,3%.

Les ministres des Finances de la zone euro feront le point lundi sur les négociations entre Athènes et ses créanciers internationaux. (Lefteris Papadimas, Véronique Tison pour le service français)