Berlin doit réagir vite aux accusations d'espionnage-Steinmeier

vendredi 1 mai 2015 17h56
 

LJUBLJANA, 1er mai (Reuters) - Le gouvernement allemand doit rapidement faire la lumière sur les accusations selon lesquelles le BND, le service fédéral de renseignement extérieur, a aidé les Etats-Unis à espionner des gouvernements et des entreprises européens, a déclaré vendredi Frank-Walter Steinmeier, le ministre des Affaires étrangères.

Les informations de l'hebdomadaire Der Spiegel sur la collaboration présumée entre le BND et la National Security Agency (NSA) américaine pendant plus de dix ans a suscité de vives réactions et conduit jeudi Airbus Group à annoncer le dépôt d'une plainte contre X.

Dans son dernier numéro, paru vendredi, le Spiegel écrit que le BND a ordonné en 2013 la destruction de 12.000 adresses IP, adresses de messagerie électronique et numéros de téléphones de responsables gouvernementaux allemands qu'il suivait pour le compte de la NSA.

"Nous devons nous employer à faire la lumière là-dessus aussi vite que possible pour savoir ce qui s'est passé, et ce qui ne s'est pas passé", a dit Frank-Walter Steinmeier lors d'un déplacement en Slovénie.

Le chef de la diplomatie allemande, membre du Parti social-démocrate (SPD), allié de la CDU de la chancelière Angela Merkel dans le gouvernement de coalition, n'a fait aucun commentaire sur les retombées de cette affaire sur l'image de l'Allemagne.

Le ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière, un proche allié d'Angela Merkel qui fut son chef de cabinet entre 2005 et 2009, a nié mercredi avoir menti au Parlement à propos de la coopération entre l'Allemagne et le renseignement américain.

La secrétaire générale du SPD, Yasmin Fahimi, a quant à elle critiqué la chancellerie vendredi.

"La supervision du BND par la chancellerie est un échec total", a-t-elle dit au quotidien Passauer Neue Presse. "Elle est responsable du comportement des services de renseignement."

Des médias allemands ont rapporté que le BND avait aidé les services de renseignement américains à espionner la présidence et le ministère des Affaires étrangères français, ainsi que la Commission européenne.

(Andreas Rinke, Marc Angrand pour le service français)