Berlin rejette le triplement du salaire proposé par Commerzbank

jeudi 30 avril 2015 19h07
 

par Thomas Atkins

FRANCFORT, 30 avril (Reuters) - L'Etat allemand, principal actionnaire de Commerzbank, a infligé un revers embarrassant à la deuxième banque allemande en rejetant une proposition qui aurait permis aux meilleurs éléments de tripler leur salaire de base.

Berlin a usé de ses 17% de droits de vote lors de l'assemblée générale annuelle (AGE) qui s'est tenue jeudi pour bloquer la proposition, qui nécessitait une autorisation spéciale des actionnaires, comme l'exige le droit européen pour des primes dépassant le salaire de base.

En revanche, l'Etat n'a pas fait obstruction à une autre proposition en vertu de laquelle des responsables pourront doubler et plus leur rémunération avec une prime maximale représentant 1,4 fois le salaire de base. La proposition a été acceptée par les actionnaires.

La banque n'a pas su expliquer de façon convaincante pourquoi certains devraient obtenir une prime de 200% mais en revanche proposer 140% pour les responsables "est une incitation intelligente à atteindre les objectifs et à mettre en oeuvre avec succès les objectifs stratégiques dont l'Etat fédéral tirera en définitive la jouissance", explique le ministère des Finances dans un communiqué.

Une prime de 200% aurait été le maximum autorisé par le droit européen, soucieux de limiter les incitations aux comportements risqués auxquels ont été imputés la crise financière internationale.

Deutsche Bank, première banque allemande, a obtenu le feu vert de ses actionnaires pour le maximum l'an passé.

La deuxième banque allemande explique que le triplement du salaire de base n'aurait concerné que 210 salariés au plus et aurait porté sur un montant théorique de 49 millions d'euros.

Commerzbank va par ailleurs ouvrir une enquête interne pour déterminer les responsabilités dans l'amende de 1,45 milliard de dollars (1,37 milliard d'euros) dont elle a dû s'acquitter en mars aux Etats-Unis.

Commerzbank a accepté de payer cette somme pour mettre fin à une enquête sur ses transactions avec l'Iran et d'autres pays visés par des sanctions américaines ainsi qu'aux investigations sur ses pratiques en matière de contrôles anti-blanchiment.

A la suite de cela, la banque avait procédé à une augmentation de capital de 1,4 milliard d'euros pour renforcer ses ratios prudentiels. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Bertrand Boucey)