La sortie du nucléaire en Allemagne pourrait coûter 70 mds

lundi 20 avril 2015 17h06
 

BERLIN, 20 avril (Reuters) - Le coût global du démantèlement des centrales nucléaires allemandes et du stockage des déchets radioactifs pourrait atteindre 70 milliards d'euros, a déclaré le président de la commission chargée du dossier par le gouvernement au quotidien Frankfurter Rundschau.

Les compagnies d'électricité E.ON, RWE, EnBW et Vattenfall sont censées mettre à l'arrêt tous leurs réacteurs nucléaires d'ici 2022 selon le calendrier décidé par le gouvernement d'Angela Merkel après la catastrophe de Fukushima, au Japon, en 2011.

La décision prise depuis par E.ON de restructurer ses activités en scindant ses centrales électriques conventionnelles a alimenté les craintes de voir les contribuables contraints de financer une partie du coût du démantèlement des centrales nucléaires et du stockage des déchets.

"Il y a des risques financiers potentiels significatifs pour l'Etat", a déclaré au Frankfurter Rundschau Michael Müller, qui préside le comité d'experts chargé par le gouvernement de trouver un site de stockage des déchets nucléaires.

Le coût global de la sortie du nucléaire pourrait atteindre 70 milliards d'euros sur les prochaines décennies, alors que les quatre compagnies exploitant les réacteurs existants n'ont prévu que 36 milliards d'euros de provisions, a-t-il ajouté.

Des porte-parole d'E.ON et EnBW ont déclaré chacun de leur côté que les provisions passées étaient suffisantes et qu'elles avaient été certifiées par des experts indépendants.

Le ministre de l'Economie, Sigmar Gabriel, a dit à des élus du Parti social-démocrate (SPD), dont il est issu, qu'il souhaitait la création d'un organisme public chargé de superviser les risques liés à la sortie du nucléaire.

Le gouvernement envisage actuellement de soumettre le bilan des quatre compagnies d'électricité exploitant des centrales nucléaires à des tests de résistance, afin d'évaluer leur capacité à supporter le poids financier de ce désengagement.

(Michael Nienaber, Markus Wacket, Vera Eckert et Chris Steitz, Marc Angrand pour le service français)