Renault-Deutsche Bank monte au capital pour le compte de l'Etat

jeudi 16 avril 2015 10h40
 

PARIS, 16 avril (Reuters) - Deutsche Bank a franchi en hausse les seuils de 5% du capital et des droits de vote du groupe Renault dans le cadre d'une opération d'options conclue avec l'Etat français, a fait savoir jeudi l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Deutsche Bank détient 17.847.662 actions Renault, représentant autant de droits de vote, soit 6,04% du capital et des droits de vote du groupe, selon l'avis de l'AMF.

L'Etat avait fait savoir la semaine dernière qu'il avait décidé d'acquérir temporairement jusqu'à 4,73% supplémentaires du capital de Renault pour augmenter ainsi sa participation jusqu'à 19,74% et s'assurer de disposer de droits de vote double à l'issue de la prochaine assemblée générale du groupe, contre l'avis du conseil d'administration de Renault et de son PDG Carlos Ghosn.

Selon l'avis de l'AMF, Deutsche Bank a cédé à l'Etat des options de vente portant sur 14.000.000 actions Renault, soit 4,73% du capital et des droits de vote de la société, et l'Etat a cédé à Deutsche Bank des options d'achat portant sur autant d'actions du groupe automobile, soit 4,73% du capital et des droits de vote de Renault.

Les options de vente sont exerçables au prix par action de 90% du cours de référence de l'action Renault au 7 avril 2015 et les options d'achat au prix par action de 110% par action du cours de référence de l'action le même jour.

Le dénouement des options interviendra de manière échelonnée à l'issue d'une période de six mois, entre le 7 octobre et le 28 décembre 2015. L'Etat et Deutsche Bank ont déclaré agir séparément et sans concert entre eux vis-à-vis de Renault.

Le ministre des Finances Michel Sapin a défendu jeudi matin la position du gouvernement en expliquant que l'Etat voulait peser dans Renault mais ne souhaitait pas diriger le groupe à la place de ses dirigeants. Le groupe a convoqué jeudi en fin d'après-midi un conseil d'administration extraordinaire en réponse à la montée au capital de l'Etat.

(Dominique Rodriguez, édité par Gilles Guillaume)