BlackRock appelle les entreprises à penser plus au long terme

mardi 14 avril 2015 17h28
 

NEW YORK, 14 avril (Reuters) - Larry Fink, directeur général de BlackRock, le numéro un mondial de la gestion d'actifs, a écrit aux dirigeants des 500 plus grandes sociétés cotées des Etats-Unis pour les appeler à privilégier les intérêts à long terme en matière de création de valeur pour les actionnaires, sans quoi elles pourraient perdre son soutien.

Dans sa lettre, il appelle les entreprises composant l'indice Standard & Poor's-500 à ne pas succomber aux pressions de plus en plus forte des actionnaires activistes en faveur d'une gestion à court terme.

"Il est essentiel (...) de comprendre que le devoir d'attention et de loyauté des dirigeants d'entreprise ne concerne pas tous les investisseurs ou les traders qui détiennent des actions de leur entreprise à un instant donné, mais l'entreprise et ses détenteurs à long terme", écrit Larry Fink dans cette lettre datée du 31 mars.

BlackRock gérait fin 2014 un total de 4.650 milliards de dollars (4.350 milliards d'euros) d'actifs.

Les dividendes et les rachats d'actions aux Etats-Unis ont atteint l'an dernier un montant sans précédent de 900 milliards de dollars selon la lettre de Larry Fink, que Reuters s'est procuré et dont le New York Times avait le premier révélé l'existence.

Dans le contexte actuel de taux d'intérêt bas, une telle évolution "adresse un message décourageant sur la capacité d'une entreprise à utiliser ses ressources avec sagesse et à élaborer un projet cohérent de création de valeur sur le long terme", ajoute le DG de BlackRock.

Les sociétés qui s'engagent sur le long terme envers leurs actionnaires et qui communiquent sur cette stratégie "peuvent compter sur notre soutien", assure-t-il, ajoutant que les conseils d'administration doivent constituer "la première ligne de défense" contre les pressions privilégiant le court terme.

BlackRock a modifié les instructions qu'il donne à ses représentants siégeant dans des conseils d'administration pour préciser qu'ils avaient pour mission de protéger les actionnaires contre les stratégies de court terme.

(Jessica Toonkel, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)