Inde-Tout nouvel achat de Rafale se fera d'Etat à Etat-ministre

lundi 13 avril 2015 17h29
 

NEW DELHI, 13 avril (Reuters) - Tout futur contrat d'achat d'avions Rafale se fera via des négociations directes avec le gouvernement français, a déclaré lundi le ministre indien de la Défense, Manohar Parrikar, laissant penser que les tractations en vue d'un accord avec Dassault Aviation sur 126 appareils ont été mises en suspens.

Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a annoncé vendredi au cours de sa visite en France l'achat de 36 Rafale "prêts à voler", via des discussions de gouvernement à gouvernement, après trois ans de négociations infructueuses sur la fixation du prix d'appareils à monter en Inde.

Les négociations distinctes sur un contrat d'achat de 126 de ces appareils à Dassault, dont une bonne partie à monter en Inde, se sont heurtées à des difficultés, selon le ministre de la Défense, qui n'est pas allé jusqu'à dire que le gouvernement de New Delhi y avait mis fin.

"Au lieu de passer par un appel d'offres, ce qui occasionne beaucoup de confusion, de chaos, il a été décidé que 36 avions seraient livrés prêts à voler. Ce qui sera fait avec le reste fera l'objet d'autres discussions", a dit le ministre en soulignant que la méthode privilégiée, désormais, serait celle de négociations directes avec le gouvernement français plutôt qu'un retour à des négociations commerciales.

Toute décision d'abandonner des négociations commerciales signifierait la fin de ce qui était présenté comme l'un des plus gros contrats d'armement au monde, et pourrait redonner espoir à la concurrence, déclarent des experts du secteur aéronautique.

"Le gouvernement a gagné du temps", a estimé un haut gradé de l'armée de l'air indienne, Muthumanickam Matheswaran, ajoutant que tout futur achat "pourrait concerner ce type d'avion, ou alors un autre".

En vertu du projet initial, l'armée de l'air indienne devait acheter 126 Rafale, dont 108 à monter dans une usine de Hindustan Aeronautics à Bangalore, dans le cadre des efforts de l'Inde pour se doter d'une base industrielle dans le secteur de l'armement. Mais les deux parties n'ont à ce jour pas réussi à s'entendre sur les termes d'un tel contrat. (Sanjeev Miglani et Frank Jack Daniel,; Eric Faye pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot)