Gestion-La France va continuer de décrocher en Europe-Deloitte

jeudi 9 avril 2015 12h51
 

PARIS, 9 avril (Reuters) - Le secteur français de la gestion a décroché en Europe en 2014 et cette tendance devrait se poursuivre en raison de sa structure reposant sur les fonds monétaires et les investisseurs institutionnels, en particulier les caisses de prévoyance et de retraite, estime le cabinet de conseil Deloitte.

Si l'industrie européenne de la gestion a enregistré en 2014 une collecte jamais atteinte au cours des dix dernières années avec 634 milliards d'euros, lui permettant de dépasser pour la première fois le cap des 10.000 milliards d'euros d'encours, à 11,341 milliards, la France n'en a pas profité.

Pis ! La France fait partie des cinq pays ayant enregistré des sorties de fonds l'an dernier sur le continent avec la Grèce, la Russie, le Portugal et les Pays-Bas.

Conséquence, en Europe, la part de marché (PdM) de la gestion française en termes d'encours est tombée à 16,7%, la France occupant ainsi la troisième place du classement derrière l'Allemagne (18,5%) et le Royaume-Uni (19,9%), quand elle était leader en 2009 avec une PdM comprise entre 20% et 25%.

"C'est assez inquiétant. On ne voit pas les raisons d'espérer une reprise en main de cette situation", a constaté jeudi lors d'une conférence de presse Pascal Koenig, associé et responsable du secteur de la gestion d'actifs chez Deloitte.

La France "va encore décrocher. Le problème, c'est la collecte. Les investisseurs institutionnels, aujourd'hui, il n'y a plus que les assurances", a-t-il estimé.

En 2014, la France a souffert d'une décollecte nette de 23,2 milliards d'euros (collecte de +6,3 milliards d'euros hors monétaire), selon l'Association française de la gestion financière (AFG).

Pascal Koenig a notamment rappelé l'utilisation faite des fonds luxembourgeois à la place de fonds français qui sont ensuite réimportés en France, et a souligné les difficultés auxquelles sont confrontées les caisses de prévoyance et de retraite (arrivée à la retraite des générations du papy-boom, augmentation de l'espérance de vie, ralentissement économique, chômage, NDLR).

"On a habitué les gens à surrémunérer les produits bancaires. Les gens ont l'habitude d'avoir du rendement sans risque (...) Cela prendra du temps avant que le 'retail' reprenne la main sur les institutionnels", a-t-il également relevé.   Suite...