Macron choqué par les conditions de départ du patron de Vivarte

jeudi 9 avril 2015 09h17
 

PARIS, 9 avril (Reuters) - Emmanuel Macron s'est déclaré choqué jeudi par le montant des indemnités de départ de l'ancien patron de Vivarte, un groupe qui vient d'annoncer la suppression de près de 1.500 emplois, tout en indiquant qu'il n'entendait pas légiférer sur le sujet.

"Evidemment que c'est choquant, évidemment que c'est cette partie de l'économie de marché dans laquelle nous vivons qui est devenue incompréhensible, qui crée des inégalités inexplicables et que vous ne pouvez pas défendre", a dit le ministre de l'Economie sur RTL.

Il réagissait à une information du Parisien-Aujourd'hui en France selon laquelle Marc Lelandais, remercié en novembre par les actionnaires de Vivarte, avait touché un peu plus de trois millions d'euros d'indemnités de départ.

Le groupe de distribution spécialisée a annoncé mardi un plan social portant sur la suppression de près de 1.500 emplois, pour l'essentiel dans son enseigne La Halle aux vêtements qui accumule les pertes.

Pour Emmanuel Macron, la décision est du seul ressort des actionnaires de Vivarte.

"L'Etat ne va pas s'immiscer, je ne vais pas faire une loi pour le patron de Vivarte", a-t-il déclaré.

Mais "c'est une forme d'éthique de considérer que, quand on est dans une entreprise en difficulté, qu'on a essayé un retournement qui n'a pas totalement marché, qu'en plus on prend des décisions difficiles, il est indécent de toucher ces sommes là."

"Je ne dis pas 'on ne peut rien faire', je dis que désapprouver, juger, stigmatiser, c'est aussi progressivement créer une culture commune", a-t-il poursuivi.

Les efforts pour redresser l'économie française "auront peu de sens si chacune et chacun ne prend pas ses responsabilités. Ces responsabilités, elles passent aussi par une forme de morale", a conclu le ministre de l'Economie. (Yann Le Guernigou, édité par Chine Labbé)