LEAD 3-Bras de fer entre l'Etat et Renault sur la loi Florange

mercredi 8 avril 2015 18h18
 

* L'Etat va monter provisoirement jusqu'à 19,74% du capital

* L'objectif est de s'assurer des droits de vote double à l'AG

* Contre l'avis du conseil d'administration et du PDG Carlos Ghosn

* Le gouvernement prend le risque de froisser Nissan-source (Actualisé avec conversation Macron-Ghosn, clôture)

par Jean-Baptiste Vey et Gilles Guillaume

PARIS, 8 avril (Reuters) - L'Etat français a décidé de monter au capital de Renault pour s'assurer qu'il disposera de droits de vote double à l'issue de la prochaine assemblée générale du constructeur automobile, contre l'avis du conseil d'administration du groupe et de son PDG Carlos Ghosn.

Principal actionnaire de Renault avec 15,01% du capital, le gouvernement a annoncé mercredi son intention d'acquérir temporairement jusqu'à 4,73% supplémentaires et d'augmenter sa participation jusqu'à 19,74%. L'opération, dont une grande partie a déjà été réalisée la veille, se fera pour un prix compris entre 814 millions et 1,232 milliard d'euros.

"Notre objectif, c'est de sécuriser les droits de vote double", pas d'augmenter durablement la participation de l'Etat au-delà du niveau de 15%, a-t-on expliqué dans l'entourage du ministre de l'Economie.

L'Etat cherche ainsi à obtenir une minorité de blocage à l'assemblée générale du 30 avril pour contrer la douzième résolution instaurant statutairement le principe "une action, une voix", et exemptant Renault de rejoindre les sociétés bénéficiant de droits de vote double en vertu de la loi "Florange" destinée à favoriser l'actionnariat de long terme.   Suite...