13 mars 2015 / 15:13 / dans 3 ans

LEAD 3-Juncker plaide pour un accord entre l'Eurogroupe et la Grèce

* Le président de la Commission européenne “exclut totalement un échec”

* La veille, Wolfgang Schäuble évoquait un risque de sortie “accidentelle” de la Grèce de la zone euro

* Le gouvernement grec prêt à différer une partie de ses promesses électorales (Actualisé avec Varoufakis, deux derniers paragraphes)

par Jan Strupczewski et Alastair Macdonald

BRUXELLES, 13 mars (Reuters) - Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, ont appelé vendredi les gouvernements européens à manifester leur solidarité pour résoudre la crise de financement qui menace la Grèce d‘une sortie forcée de la zone euro.

Leurs déclarations, qui tranchent avec le discours bien plus ferme de certains pays, Allemagne en tête, sur la nécessité pour Athènes de tenir ses promesses de réformes, montre que Jean-Claude Juncker prend au sérieux le risque d‘un affaiblissement marqué de l‘Union européenne.

Mais elles risquent aussi d‘alimenter les soupçons de complaisance de la Commission chez les tenants de la fermeté.

Au lendemain des propos de Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, sur la possibilité d‘une sortie “accidentelle” de la Grèce de l‘euro si ses dirigeants sont incapables d‘obtenir de nouveaux financements, Jean-Claude Juncker en a appelé à tous les gouvernements de l‘UE.

“Je ne suis pas satisfait des développements de ces dernières semaines; je ne pense pas que nous ayons fait suffisamment de progrès”, a-t-il dit en accueillant Alexis Tsipras à la Commission. “Je vais faire des propositions à mon ami Alexis.”

“J‘exclus totalement un échec; je ne veux pas d‘un échec. J‘aimerais que les Européens avancent ensemble. Ce n‘est pas le moment de se diviser, c‘est le moment de se rapprocher”, a-t-il ajouté.

Selon des responsables de la Commission, Jean-Claude Juncker craint que certains dirigeants de l‘UE sous-estiment les répercussions d‘une éventuelle sortie de la Grèce de l‘euro.

Dans un entretien à l‘hebdomadaire allemand Der Spiegel, Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques, a déclaré qu‘un “Grexit” serait “une catastrophe, pour l‘économie grecque mais aussi pour la zone euro dans son ensemble”.

“Si un pays quitte cette union (monétaire), les marchés vont immédiatement se demander qui sera le prochain, a-t-il expliqué, et ce pourrait être le début de la fin.”

TSIPRAS DEMANDE “UN MESSAGE D‘ESPOIR” POUR SON PEUPLE

De son côté, Alexis Tsipras, qui cherche à rassurer ses créanciers sans perdre le soutien de l‘électorat qui l‘a porté au pouvoir fin janvier, a assuré que son pays tenait ses promesses et que les autres devaient désormais lui venir en aide pour lutter contre la “crise humanitaire” et le chômage.

Petite lueur d‘espoir pour son gouvernement: la chute des recettes fiscales grecques observée en janvier avant les élections législatives a nettement ralenti en février, l‘écart avec la prévision revenant à 121 millions, contre plus d‘un milliard le mois précédent.

L‘agence Standard & Poor’s a toutefois maintenu sous surveillance en vue d‘une possible dégradation sa note de la dette souveraine grecque, en soulignant que la situation financière de l‘Etat était “de plus en plus tendue”.

“La Grèce a déjà commencé à honorer ses engagements figurant dans l‘accord de l‘Eurogroupe du 20 février, nous jouons donc notre partition et nous nous attendons à ce que nos partenaires jouent la leur”, a déclaré Tsipras à la presse avant son entretien avec Juncker.

“Et je suis très optimiste (...) sur le fait que nous allons trouver une solution parce que je suis fermement convaincu que c‘est dans l‘intérêt général. Je pense qu‘il n‘y a pas de problème grec; il y a un problème européen”, a-t-il ajouté.

Son ministre des Finances, Yanis Varoufakis, s‘est déclaré de son côté confiant dans l‘issue des discussions avec les créanciers internationaux d‘ici au 20 avril, l‘échéance prévue par l‘accord provisoire du mois dernier avec l‘Eurogroupe.

“Nous pouvons achever l‘examen de l‘accord du 20 février (...) Nous nous sommes engagés, tous ensemble, à parvenir à un accord d‘ici au 20 avril”, a-t-il dit en marge d‘une conférence économique à Cernobbio, dans le nord de l‘Italie.

Ajoutant que la Grèce honorerait ses échéances financières et qu‘elle ne recherchait aucun soutien financier à l‘extérieur de l‘Union européenne, notamment en Russie, il a également indiqué que le gouvernement Syriza était prêt à différer certaines de ses promesses électorales pour favoriser l‘issue des négociations avec les Européens.

“Si cela signifie que dans les tout prochains mois pendant lesquels nous négocierons, nous devons suspendre ou différer l‘application de nos promesses, nous le ferons, précisément dans le contexte de bâtir la confiance avec nos partenaires”, a-t-il dit. (avec Francesca Landini à Cernobbio; Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand et Henri-Pierre André)

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