L'Egypte table sur $15-20 mds d'investissements à Charm el Cheikh

vendredi 13 mars 2015 15h07
 

CHARM EL CHEIKH, Egypte, 13 mars (Reuters) - Les autorités égyptiennes pensent attirer 15 à 20 milliards de dollars d'investissements étrangers lors de la conférence économique qu'elles organisent ce week-end dans la station balnéaire de Charm el Cheikh, a déclaré vendredi le ministre de l'Investissement Achraf Salman.

L'Egypte souhaite que cette conférence donne l'image d'un pays qui retrouve la stabilité, quatre ans après le renversement d'Hosni Moubarak, et n'a pas ménagé ses efforts pour rassurer les investisseurs, en adoptant notamment de nouvelles lois sur l'investissement et la fiscalité.

Elle espère dans un premier temps doubler le montant des investissements étrangers pendant l'exercice budgétaire en cours, pour les porter à huit milliards de dollars, malgré la persistance d'une insurrection islamiste dans le Sinaï et les attentats quasi quotidiens au Caire.

"Je m'attends à la signature de contrats d'une valeur de 15 à 20 milliards de dollars" (14,2 à 18,9 mds d'euros), a déclaré Achraf Salman à Reuters, en évoquant notamment la construction de centrales électriques et des projets immobiliers et agricoles.

L'Américain General Electric a annoncé en amont de la conférence qu'il allait investir 200 millions de dollars dans une usine de la plate-forme industrielle et logistique qui va être créée en marge du percement du nouveau canal de Suez, le projet phare du président Abdel Fattah al Sissi.

Il a aussi dit avoir livré 34 turbines à gaz à l'Egypte dans le cadre d'un projet électrique de 1,9 milliard de dollars.

D'après Achraf Salman, plusieurs protocoles d'accord vont également être signés à Charm el Cheikh, dont l'un portant sur la construction d'une nouvelle capitale administrative d'un coût estimé à 40 milliards de dollars. Le ministre n'a pas fourni davantage de précisions sur ce mégaprojet.

L'Egypte espère ramener son déficit budgétaire à 10% du produit intérieur brut (PIB) à l'horizon 2018-2019, contre 15% l'année dernière en raison, notamment, du poids considérable des subventions.

Elle table sur une croissance économique de 4% pour l'exercice en cours, qui s'achève en juin, contre 2,2% en 2013-2014.

(Michael Georgy; Tangi Salaün pour le service français)