Accord sur la fin de la grève dans les raffineries américaines

vendredi 13 mars 2015 00h24
 

par Erwin Seba

HOUSTON, Texas, 12 mars (Reuters) - Syndicats et compagnies pétrolières ont conclu un accord de principe pour mettre fin à la plus longue grève depuis 35 ans dans les raffineries des Etats-Unis, a-t-on appris jeudi auprès de représentants du personnel et de personnes proches des négociations.

Après 40 jours de mouvement social sur 12 sites représentant un cinquième de la capacité de raffinage du pays, cet accord doit encore être ratifié et pourrait ne pas entraîner une reprise immédiate du travail dans toutes les raffineries, certains points en suspens pouvant encore faire l'objet de discussions au niveau local.

Il concerne environ 30.000 employés et sera valable quatre ans, soit un an de plus que les précédents accords.

"Nous saluons la solidarité manifestée par nos adhérents", a déclaré Leo Gerard, président du syndicat United Steelworkers. "Sans elle, nous n'aurions pas pu obtenir ces améliorations considérables dans les domaines de la sécurité et des effectifs."

Dans une lettre à son personnel que Reuters a pu consulter, Tesero exprime son "soutien à l'accord" et sa volonté de régler rapidement les questions propres à chaque site "pour permettre à (ses) employés de reprendre le travail". Principal négociateur côté patronal, Royal Dutch Shell n'a pas réagi dans l'immédiat.

L'accord porte notamment sur la pénibilité du travail et les accidents qui en découlent ainsi que sur le recours aux travailleurs extérieurs au détriment des salariés syndiqués. Il préserve en outre les avancées obtenues avec les précédents accords, selon les sources syndicales et proches des discussions.

Il prévoit aussi des hausses de salaires de 2,5% la première année, de 3% sur chacune des deux années suivantes et de 3,5% la quatrième année.

Les raffineries concernées par cet accord appartiennent entre autres à Exxon Mobil, BP, Valero Energy et Chevron.

Un seul site, celui exploité par Tesero à Martinez, en Californie, a dû cesser de fonctionner en raison de la grève, même si ses activités étaient déjà suspendues en raison d'opérations de maintenance.

Les raffineries ont généralement eu recours à des travailleurs intérimaires pour poursuivre leurs activités malgré la grève de 6.550 employés. (Bertrand Boucey pour le service français)