Sarkozy accuse Hollande de brader Fessenheim pour "quelques voix"

jeudi 12 mars 2015 17h19
 

PARIS, 12 mars (Reuters) - Nicolas Sarkozy a accusé jeudi François Hollande de brader la fermeture de la centrale de Fessenheim, la plus vieille du parc thermonucléaire français, à des fins politiciennes contre "quelques voix" écologistes.

L'ancien chef de l'Etat s'est rendu dans le Haut-Rhin pour une rencontre avec les personnels d'encadrement et les représentants syndicaux du site, ainsi que des élus locaux.

Lors de la campagne présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy avait défendu la pérennité de Fessenheim, soulignant que le parc nucléaire était "un atout de compétitivité pour la France", avec à la clé 400.000 emplois directs et indirects.

Le président de l'UMP est revenu à la charge jeudi dans un registre de pré-campagne.

"L'Alsace a 70% de sa consommation électrique qui est produite par la centrale de Fessenheim. M. Hollande veut la fermer", a-t-il déclaré aux journalistes.

"Pour des raisons économiques? Non, bien sûr. Pour des raisons stratégiques? Non bien sûr. Uniquement parce qu'il veut mendier quelques voix à des écologistes engagés dans un combat politicien", a-t-il poursuivi.

"On est au là au coeur des mensonges qui sont proférés à la face de la France depuis trois ans", a dit Nicolas Sarkozy.

François Hollande est pressé par les écologistes d'honorer sa promesse de fermer la centrale de Fessenheim, en service depuis 1977, à l'horizon 2017.

La ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Ségolène Royal, a semé le trouble en affirmant qu'elle n'excluait pas de fermer des réacteurs autres que Fessenheim et qu'elle était ouverte aux propositions d'EDF en la matière.

La loi de transition énergétique instaure un plafonnement de la capacité de production nucléaire française à son niveau actuel de 63 gigawatts. EDF doit proposer la fermeture de deux réacteurs après la mise en service de l'EPR de Flamanville, prévue en 2017. (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)