Le japonais Rakuten investit dans Lyft, un concurrent d'Uber

jeudi 12 mars 2015 12h41
 

12 mars (Reuters) - Le spécialiste des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) Lyft, concurrent d'Uber, a annoncé jeudi avoir levé 530 millions de dollars (500 millions d'euros) dans le cadre d'un nouveau tour de table emmené par le groupe japonais Rakuten sur la base d'une valorisation de 2,5 milliards de dollars.

Cette dernière reste loin de la valorisation d'Uber, estimée autour de 40 milliards de dollars.

Rakuten a précisé avoir investi 300 millions de dollars dans Lyft pour prendre une participation de 11,9%, son premier investissement dans le domaine des VTC. Le nouveau tour de table inclut aussi le spécialiste américain du capital-investissement Fortress Investment Group.

Lyft, basé à San Francisco, et Uber, qui permettent aux particuliers de faire appel à un VTC en utilisant notamment des sites internet et des applications sur smartphone, représentent une concurrence de plus en plus forte pour les taxis dans les villes où ils sont implantés.

Mais leur développement se heurte régulièrement à des obstacles juridiques. Les deux sociétés ont ainsi subi mercredi un nouvel échec aux Etats-Unis, où un juge fédéral a rejeté leur tentative de faire reconnaître leurs chauffeurs comme des travailleurs indépendants et non comme des salariés.

Une partie de leurs chauffeurs a engagé des procédures judiciaires à leur encontre qui pourrait déboucher sur l'ouverture d'une "class action", une procédure en nom collectif.

Reste que les start-up du marché des VTC continuent d'intéresser les géants asiatiques et américains du commerce électronique: SoftBank a investi récemment 70 milliards de yens (544 millions d'euros) dans Travice, le concepteur de l'application chinoise Kuaidi Dache. L'an dernier, il avait misé 500 millions de dollars sur GrabTaxi, présent en Asie du Sud-Est, et sur l'indien Ola.

Rakuten, contrôlé par le milliardaire Hiroshi Mikitani, a aussi pris le contrôle de l'application de messagerie Viber en 2014, pour 900 millions de dollars. En France, il possède le site de commerce Priceminister. (Teppei Kasai à Tokyo et Shivam Srivastava à Bangalore; Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)