Tollé à Berlin après des propos de Varoufakis sur la dette

mardi 10 mars 2015 10h49
 

BERLIN, 10 mars (Reuters) - Les dirigeants européens ont toujours su que la Grèce ne rembourserait jamais ses dettes, déclare le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis dans un documentaire diffusé par la chaîne publique allemande ARD qui fait des vagues à Berlin.

"Les gens intelligents à Bruxelles, Francfort et Berlin savaient dès le mois de mai 2010 que la Grèce ne rembourserait jamais ses dettes. Mais ils ont fait comme si la Grèce n'était pas insolvable, comme si elle n'avait simplement pas assez de liquidités", affirme Yanis Varoufakis dans ce film diffusé lundi soir, pendant que l'Eurogroupe se réunissait pour discuter des problèmes de financement d'Athènes.

"Dans cette situation, accorder au plus insolvable des Etats le plus grand prêt de l'histoire, comme des banquiers corrompus de troisième classe, était un crime contre l'humanité", ajoute le ministre du gouvernement anti-austérité d'Alexis Tsipras, selon la traduction allemande de ses propos.

Le documentaire ne précise pas quand cette conversation a été enregistrée. A court d'argent, la Grèce négocie actuellement avec la zone euro pour obtenir un financement supplémentaire.

Yanis Varoufakis, un économiste qui se présente lui-même comme un "marxiste erratique", est coutumier des critiques contre les plans de sauvetage accordés à Athènes depuis mai 2010 mais ces propos ont choqué en Allemagne, où électeurs et responsables politiques sont de plus en plus réticents à l'idée de prêter de l'argent à la Grèce.

Le quotidien Bild reprend en première page les propos de Varoufakis, accompagnés d'un éditorial exhortant les dirigeants européens à cesser d'accorder la moindre aide à Athènes.

"Le gouvernement grec se comporte comme si tout le monde devait obéir au doigt et à l'oeil. Il faut mettre fin à cette folie. L'Europe n'est pas là pour se faire ridiculiser", écrit le commentateur du quotidien. (Madeline Chambers; Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Tangi Salaün)