Autoroutes-Le député Chanteguet démissionne du groupe de travail

lundi 9 mars 2015 11h07
 

PARIS, 9 mars (Reuters) - Jean-Paul Chanteguet, député socialiste de l'Indre, a annoncé lundi sa démission du groupe de travail parlementaire sur les autoroutes, dont les conclusions sont selon lui trop favorables aux concessionnaires autoroutiers.

Le parlementaire a joué un rôle de premier plan dans le bras de fer engagé depuis plusieurs mois entre l'Etat et les sociétés d'autoroutes détenues par Vinci, Eiffage et Abertis sur le régime des concessions autoroutières en France. Au début de la crise à l'automne dernier, il avait été rapporteur de la mission parlementaire sur les autoroutes et avait obtenu en décembre la signature de 151 députés pour demander la résiliation pure et simple des concessions, vues comme une régime de "rente".

"Le groupe de travail a (...) servi au mieux de parodie de consultation, au pire de moyen d'instrumentaliser les parlementaires, afin d'obtenir des Sociétés concessionnaires d'autoroutes (SCA) quelques concessions marginales, sur lesquelles le gouvernement puisse communiquer en direction des citoyens, en leur faisant croire qu'en l'absence d'alternative crédible, il avait obtenu le maximum", écrit-il dans un communiqué.

"Pour ma part, je refuse d'avaliser plus avant cette mise en scène et met un terme à ma participation à ce groupe de travail, dont les travaux, consciencieusement organisés et orientés, ont eu pour objectif de montrer, que de rente il n'y avait pas et que l'idée de la résiliation était irréaliste, pour ne pas dire irresponsable", a-t-il ajouté.

Cette démission intervient à la veille de la publication du rapport du groupe de travail, vraisemblablement la dernière étape avant la conclusion d'un accord global entre l'Etat et les concessionnaires pour sortir de la crise. Selon une source proche des sociétés d'autoroutes, l'accord prévoirait un lissage dans le temps des hausses de péage et l'introduction d'une clause de bonne fortune: en cas de trafic supérieur aux attentes, la durée des concessions serait raccourcie, et rallongée en cas de trafic moins fort que prévu.

Interrogée sur la possibilité qu'un accord soit trouvé d'ici la fin de la semaine, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a répondu sur BFM TV que c'était "souhaitable".

"Les discussions continuent avec les parlementaires", a-t-elle ajouté. "Il faut à la fois maîtriser les prix et en même temps favoriser les investissements. On leur a demandé (aux SCA) pour l'instant un milliard d'investissements."

Interrogée sur l'évolution future des tarifs, gelés depuis la fin janvier alors qu'ils devaient augmenter en moyenne de 0,57% au 1er février, Ségolène Royal a répondu que le gel des péages faisait partie des négociations et qu'il n'y aurait pas de nouvelle augmentation des tarifs "tant que l'accord n'est pas fait".

Une fois l'accord signé, la source proche des concessionnaires a indiqué que le gel devrait être levé, mais dans des proportions et un calendrier qui n'étaient pas encore arrêtés vendredi soir.

Le 1er avril paraissant trop proche, et le 1er mai trop délicat politiquement en raison de la multiplication des déplacements avec les jours fériés, les péages pourraient augmenter à nouveau dès le 1er juin. De 0,57%, la hausse prévue, ou d'un taux inférieur, le reliquat de l'augmentation étant rattrapé sur les années suivantes. (Gilles Guillaume et Yann Leguernigou, édité par Jean-Michel Bélot)