LEAD 1-Japon-Croissance révisée en baisse, la BoJ sous pression

lundi 9 mars 2015 11h04
 

(Actualisé avec précisions, commentaires de la BoJ)

TOKYO, 9 mars (Reuters) - L'économie japonaise a crû nettement moins vite que prévu au quatrième trimestre, en raison d'une baisse des dépenses en capital qui laisse craindre que le rebond de la consommation ne suffise pas à encourager l'investissement.

Le gouvernement nippon a révisé lundi ses estimations de croissance pour le dernier trimestre 2014, à 1,5% en variation annuelle, en net retrait par rapport au rythme de 2,2% annoncé en première estimation et aux attentes des économistes interrogés par Reuters qui étaient également à 2,2% en moyenne.

Cette révision fait suite à une série d'indicateurs mitigés sur le Japon ces derniers mois, qui ont illustré la fragilité de la reprise et pourraient, selon des analystes, encourager la Banque du Japon à injecter de nouvelles liquidités dans l'économie cette année afin de relancer d'inflation et la croissance après des années de récession et de baisse des prix.

Le gouvernement a expliqué ces révisions par la faiblesse de l'investissement, en repli de 0,1% d'un trimestre à l'autre au lieu d'une hausse de 0,1% initialement annoncée et alors que les économistes tablaient en moyenne sur une progression de 0,3%.

L'augmentation de la consommation des ménages a en revanche été révue en hausse, à 0,5% au lieu de 0,3% annoncé à l'origine.

Néanmoins, la faiblesse des dépenses d'investissement suggère que la politique monétaire et budgétaire mise en oeuvre par Tokyo n'a pas réussi jusqu'à présent à générer un cercle vertueux permettant à la consommation d'entraîner une amélioration des résultats des entreprises, et une hausse des salaires et de l'investissement.

"Une des raisons de la déception au niveau des dépenses en capital est le transfert de production à l'étranger qui a lieu depuis quelques années", explique Norio Miyagawa, économiste chez Mizuho Securities.

"Je table tout de même sur une poursuite de la croissance de l'économie, mais le cercle économique vertueux évoqué par les dirigeants politiques ne s'est pas encore mis en place."   Suite...