Italie-Feu vert à un plan de 6 milliards pour le haut débit

mardi 3 mars 2015 23h34
 

ROME, 3 mars (Reuters) - Le gouvernement italien a approuvé mardi un projet de six milliards d'euros censé permettre au pays de se doter de télécommunications à haut débit conformes aux objectifs de l'Union européenne, mais il a renoncé à contraindre les opérateurs à remplacer leurs réseaux historiques en cuivre par de la fibre optique.

"Nous sommes en train de créer un plan qui donnera à notre pays des infrastructures numériques, des autoroutes numériques comparables à celles de tous les autres pays européens", a déclaré à la presse la ministre de l'Industrie, Federica Guidi.

La Commission européenne classe l'Italie parmi les plus mauvais élèves de l'Union en matière d'économie numérique et de services en ligne. Une étude récente a montré que près d'un Italien sur trois (31%) n'avait jamais utilisé internet.

Même si un accès de base au haut débit est disponible pratiquement partout dans la péninsule, seulement 51% des foyers sont abonnés, le taux le plus faible de l'UE, qui tombe même à 21% pour l'accès au haut débit de dernière génération.

La stratégie numérique de l'UE appelle les Etats membres à investir pour qu'à l'horizon 2020, tous les foyers aient accès à un réseau offrant une vitesse de téléchargement supérieure à 30 mégabits par seconde et la moitié à des réseaux à 100 mégabits.

Aux six milliards d'euros de fonds publics alloués à son plan, le gouvernement de Matteo Renzi espère voir s'ajouter des investissements engagés par les opérateurs privés. Federica Guidi a précisé souhaiter que la couverture à 100 mégabits puisse toucher à terme 85% des ménages.

Alors que certains observateurs craignaient de voir le gouvernement forcer les opérateurs, à commencer par Telecom Italia, l'ex-monopole public, à abandonner définitivement les réseaux en cuivre pour favoriser le déploiement de la fibre optique, la ministre a expliqué que les opérateurs resteraient libres en matière d'options technologiques.

"Le choix a consisté à laisser le marché, les opérateurs, décider de la technologie la plus efficace", a-t-elle dit. (James Mackenzie, Marc Angrand pour le service français)