LEAD 2-Wall Street cède aux prises de profit après ses records

mardi 3 mars 2015 23h03
 

(Actualisé avec précisions sur Wall Street, le dollar et le
marché obligataire)
    * Le Dow a perdu 0,47%, le S&P 0,456%, le Nasdaq 0,56%
    * Prises de bénéfice après les records récents
    * Le marché automobile a déçu, la géopolitique a pesé
    * Les technologiques particulièrement touchées par le repli

    par Sinead Carew
    NEW YORK, 3 mars (Reuters) - La Bourse de New York a terminé
en baisse mardi, les indices Dow Jones et S&P-500 se repliant
après leurs records de la veille tandis que le Nasdaq revenait
sous le seuil symbolique des 5.000 points, franchi la veille
pour la première fois depuis 15 ans.
    Les prises de bénéfice ont été favorisées par les chiffres
inférieurs aux attentes du marché automobile américain en
février et par l'actualité géopolitique, dominée par le discours
du Premier ministre israélien sur le nucléaire iranien. 
    L'indice Dow Jones a perdu 85,26 points, soit 0,47%,
à 18.203,37. Le Standard & Poor's-500, plus large, a cédé
9,61 points (-0,45%) à 2.107,78 et le Nasdaq Composite a
reculé de 28,20 points (-0,56%) à 4.979,90.
    Les investisseurs ont joué la prudence après la forte hausse
du mois de février et avant le tir nourri d'indicateurs
économiques qui rythmera les prochains jours pour culminer
vendredi avec le rapport mensuel sur l'emploi. 
    Mardi, les chiffres du marché automobile ont constitué la
principale actualité économique de la journée et ils ont déçu,
la rigueur de l'hiver ayant pesé sur les ventes en février.
  
    Parmi les valeurs du secteur, Fiat Chrysler a cédé
3,28% et Ford Motor 2,41%. General Motors a
toutefois pris 0,5%.
    "A ces hauteurs, l'oxygène commence à se faire rare et il
faut un moteur pour continuer à avancer, or l'une des choses qui
nous a manqué de ce point de vue-là aujourd'hui, ce sont des
ventes automobiles solides", explique Art Hogan, responsable de
la stratégie de marché de Wunderlich Securities. 
    La baisse s'est accentuée après le discours de Benjamin
Netanyahu au Congrès, dans lequel le chef du gouvernement
israélien a estimé qu'un accord avec l'Iran sur son programme
nucléaire serait "un adieu au contrôle des armes et un compte à
rebours avant un potentiel cauchemar nucléaire". 
    Ses propos ont favorisé la hausse des cours du pétrole, à
plus de 60 dollars le baril pour le Brent, permettant à
l'indice S&P de l'énergie de finir dans le vert.
        
    LA BAISSE PLUS MARQUÉE SUR LES TECHNOLOGIQUES
    Les valeurs technologiques ont été plus fortement touchées
par les prises de bénéfice au lendemain du franchissement
symbolique des 5.000 points sur le Nasdaq. L'indice S&P du
secteur a cédé 0,8%. Microsoft a abandonné
1,37% et Cisco Systems 2,15%, affichant les deux plus
fortes baisses du Dow.     
    Les spécialistes des semi-conducteurs Micron Technology
 et Applied Materials ont cédé respectivement
5,03% et 4,47%, les deux plus mauvaises performances du S&P-500;
l'indice sectoriel Philadelphia SE Semiconductor a
abandonné 1,94%. 
    A la hausse, le distributeur d'électronique grand public
Best Buy a gagné 1,42%  après ses résultats
trimestriels, meilleurs qu'attendu grâce à des marges solides
sur les téléviseurs. 
    Citigroup s'est adjugé 0,45% après l'annoncé de la
vente de sa filiale de crédit à la consommation Onemain
Financial à Springleaf pour 4,25 milliards de dollars.
Springleaf s'est envolé de 32%. 
    Sur le marché des changes, le dollar a marqué le pas après
un plus haut de 11 ans face à un panier d'autres devises de
référence, mais l'euro n'en a guère profité à 48 heures
de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui
pourrait marquer le coup d'envoi de ses achats massifs de dette
souveraine.
    Cette perspective a continué de profiter aux obligations
d'Etat de la zone euro, tandis que les Treasuries restaient sous
pression. 
    Le rendement à 10 ans américain est ainsi remonté à 2,122%
. Il a également souffert de l'abondance de l'offre
sur le marché de la dette d'entreprise, illustrée par le
lancement d'un emprunt de 21 milliards de dollars par le groupe
pharmaceutique Actavis.

 (Marc Angrand pour le service français)