RWE bouclera la vente de DEA malgré l'avertissement de Londres

dimanche 1 mars 2015 20h06
 

LONDRES/FRANCFORT, 1er mars (Reuters) - RWE, numéro deux allemand des services aux collectivités, a annoncé dimanche qu'il bouclerait la cession pour cinq milliards d'euros de sa filiale d'hydrocarbures DEA au milliardaire russe Mikhail Fridman lundi malgré une démarche tardive du gouvernement britannique visant à bloquer une partie de la vente.

L'opération a été annoncée en mars dernier, le jour même où s'est tenu en Crimée un référendum sur le rattachement de ce territoire ukrainien à la Russie, qui a par la suite fait l'objet de sanctions de la part des puissances occidentales.

Le département britannique de l'Energie a déclaré samedi qu'il bloquerait la vente de 12 gisements de gaz et de pétrole en Mer du Nord qui étaient inclus dans l'accord de cession, évoquant d'éventuelles sanctions contre la Russie.

Mais RWE a dit que ses arrangements avec le groupe LetterOne de Mikhail Fridman étaient tels que la décision britannique n'affecterait pas la finalisation de l'accord, fixée au 2 mars.

"Ces accords prévoient un transfert de la totalité du groupe RWE DEA, y compris des activités britanniques", écrit RWE dans un communiqué. "Ce n'est que si l'Union européenne ou les Etats-Unis imposaient des sanctions à LetterOne ou à ses propriétaires avant le premier anniversaire de la finalisation (de l'accord), que RWE devrait racheter l'activité britannique."

Endetté à hauteur de 30,71 milliards d'euros et désireux de disposer de liquidités pour investir dans de nouveaux relais de croissance, comme les énergies renouvelables, RWE, basé à Essen, compte beaucoup sur la vente de DEA pour entrer dans une nouvelle phase de son histoire.

DEA détient des parts dans 190 permis ou concessions de pétrole et de gaz en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Le Royaume-Uni représente environ un cinquième de la production de gaz de DEA et le directeur financier du groupe à annoncé que les actifs dans le pays valaient environ un milliard d'euros, un chiffre conforme aux estimations des analystes. (Dmitry Zhdannikov, Jonathan Gould et Matthias Inverardi, Juliette Rouillon pour le service français)