Espagne-Consommation et investissement alimentent la reprise

jeudi 26 février 2015 11h38
 

MADRID, 26 février (Reuters) - Le dynamisme de la consommation des ménages et de l'investissement des entreprises a alimenté la croissance de l'économie espagnole au quatrième trimestre 2014, montrent les statistiques officielles publiées jeudi, qui augurent d'une accélération de la reprise cette année.

Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,7% sur la période octobre-décembre par rapport aux trois mois précédents, a confirmé l'institut national de la statistique INE, le chiffre le plus élevé depuis sept ans.

Le gouvernement de Mariano Rajoy estime que la reprise devrait créer quelque 500.000 emplois cette année, un enjeu clé alors que le chômage continue de toucher près de 24% de la population active, l'un des taux les plus élevés de l'Union européenne.

Par rapport au quatrième trimestre 2013, la croissance du PIB a atteint 2% et elle devrait encore s'accélérer en rythme annuel sur le trimestre en cours, a déclaré le ministre de l'Economie Luis De Guindos, dans un entretien à une radio jeudi.

Les dépenses de consommation des ménages ont augmenté de 0,9% au quatrième trimestre par rapport au troisième et affichent désormais près de deux ans de hausse ininterrompue.

Autre élément encourageant: les nouveaux prêts immobiliers ont augmenté de 1,4% en 2014, leur première hausse en rythme annuel depuis 2006, selon une étude distincte de l'INE, qui augure d'une embellie pour le marché immobilier.

"Le dynamisme de la consommation des ménages est surprenant", a commenté Estefania Ponte, analyste de BNP Paribas Personal Investors à Madrid, qui note aussi la bonne tenue de l'investissement industriel. "Elle constitue un socle solide pour une consolidation de la reprise (en 2015)".

La baisse des prix en Espagne ces derniers mois, alimentée entre autres par la chute des cours du pétrole, a profité au pouvoir d'achat des ménages.

Le gouvernement, qui se prépare à une série d'échéances électorales délicates qui culmineront à l'automne avec un scrutin législatif, estime que l'Espagne devrait éviter une spirale déflationniste, aucun élément ne suggérant que les consommateurs retardent leurs achats.

Le président du gouvernement Mariano Rajoy a revu à la hausse mardi sa prévision de croissance pour 2015, à 2,4% contre 2% auparavant. (Sarah White, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)