Toyota-"Impossible" d'accepter la hausse salariale réclamée

mercredi 25 février 2015 10h47
 

par Maki Shiraki et Chang-Ran Kim

TOKYO, 25 février (Reuters) - Toyota Motor a dit mercredi qu'il était "impossible" de donner suite à une hausse du salaire mensuel de 13.300 yens (98,5 euros) réclamée par les syndicats.

Les négociations salariales annuelles chez Toyota sont souvent considérées comme un étalon pour les autres entreprises japonaises. Qu'elles débouchent sur une issue favorable pour les syndicats est de première importance pour le Premier ministre Shinzo Abe, soucieux de stimuler la croissance par des dépenses de consommation alimentée par des hausses salariales.

La direction de Toyota fera part de sa réponse définitive le 18 mars.

Les salariés des huit constructeurs automobiles japonais réclament tous une hausse du salaire de base de 6.000 yens, soit deux à trois fois l'augmentation perçue l'an dernier. Ceux de Toyota veulent y ajouter 7.300 yens de prime d'ancienneté et une prime exceptionnelle représentant 6,8 mois de salaire.

"La revendication a été bien plus élevée que nous le pensions et nous leur avons fait savoir qu'il était absolument impossible d'y accéder en totalité", a déclaré à Reuters le directeur des ressources humaines Tatsuri Ueda.

La revalorisation demandée, équivalente à une hausse de 3,7%, plus primes et autres avantages, rajouteraient 20 milliards de yens (148,22 millions d'euros) aux charges annuelles, a affirmé Toyota.

Toyota devrait publier un deuxième bénéfice annuel record d'affilée sur l'exercice clos fin mars, les efforts de restructuration engagés lorsque le yen était au plus haut portant d'autant plus leurs fruits que le yen a baissé en raison d'une politique monétaire ultra-accommodante qui est l'un des piliers de la politique économique d'Abe, dite "Abenomics".

Toyota avait accepté en 2014 une hausse des salaires de base de 2.700 yens, la première en six ans, alors que les syndicats réclamaient 4.000 yens.

Les revalorisations salariales ont été rares en une quinzaine d'années de déflation mais les syndicats redressent la tête, encouragés par la pression que met Abe sur les entreprises pour qu'elles relancent une économie mise à mal par la hausse de la TVA intervenue le 1er avril 2014.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par)