Luxe-La chute des dépenses des touristes russes se poursuit

vendredi 20 février 2015 14h46
 

par Pascale Denis

PARIS, 20 février (Reuters) - Les dépenses des touristes russes ont poursuivi leur plongeon en janvier, décrochant de 51,2% après une chute de 44% en décembre, plombées par la chute du rouble et les sanctions internationales liées au conflit en Ukraine, selon les chiffres de Global Blue, spécialiste de la détaxe.

La clientèle russe, qui aime surtout dépenser ses roubles à l'étranger, représente environ 5% à 7% du marché mondial des produits de luxe (hors hôtels, restaurants et services), selon les estimations des analystes.

L'effondrement du tourisme russe a ainsi touché en 2014 tous les grands noms du luxe, LVMH, propriétaire de Louis Vuitton, Kering (Gucci) ou Hermès.

Cette chute a cependant été en partie compensée par la très forte hausse des dépenses des touristes chinois - première clientèle mondiale du luxe - qui ont grimpé de 33,7% en janvier malgré un nouvel an tardif, après un mois de décembre déjà explosif (+49,4%), selon les statistiques de Global Blue compilées pour Barclays.

Les clients chinois, à la recherche de produits vendus entre 30% et 40% moins cher hors de leurs frontières, délaissent aujourd'hui Hong Kong et Macao pour cause de remous politiques et se reportent sur l'Europe, où les écarts de prix sont encore amplifiés par la baisse de l'euro, ou d'autres destinations asiatiques comme la Corée du Sud, le Japon ou Taiwan.

En Europe, où les dépenses qu'effectuent les touristes comptent pour environ 50% des ventes des groupes de luxe, les achats ont reculé de 1,5% (sous la pression de la clientèle russe) tandis que dans le reste du monde, ils ont grimpé de 44%.

La baisse de l'euro constitue une manne pour le tourisme en Europe et les achats de produits de luxe.

Après des années de vents contraires liés à la vigueur de la monnaie unique, les groupes de luxe européens dont les coûts sont majoritairement facturés en euro s'apprêtent à voir leurs ventes et leurs résultats dopés par des parités de change devenues plus favorables.   Suite...