19 février 2015 / 13:53 / il y a 3 ans

LEAD 2-Praet (BCE) a alerté sur le risque de report du QE-minutes

* Premier compte rendu de réunion de politique monétaire de la BCE

* Un large consensus s'est dégagé pour le plan de rachat d'actifs

* Pour les dissidents, un QE ne s'impose qu'en cas d'urgence (Actualisé avec des précisions sur les dissidents)

par Marc Jones

FRANCFORT, 19 février (Reuters) - L'économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE) a averti les banquiers centraux de la zone euro des risques que pouvait représenter un report du programme de rachats d'actifs, selon le compte rendu de la réunion de politique monétaire de janvier, qui montre par ailleurs qu'il y avait un "large" consensus pour lancer ce programme de soutien à la croissance.

Au cours de la réunion du Conseil des gouverneurs de la banque centrale qui s'est tenue le 22 janvier, Peter Praet a mis en avant les risques qu'il y aurait à repousser le plan d'injections de liquidités via des rachats d'obligations souveraines, dit d'assouplissement quantitatif (QE).

Sa présentation et les discussions qui ont suivi ont convaincu la plupart des membres du Conseil de la nécessité d'une action immédiate, même si certains ont estimé qu'une telle mesure ne devait être prise que dans des situations d'urgence.

Selon ses propos rapportés dans le document, qui précise les circonstances dans lesquelles les gouverneurs ont lancé le programme de QE, Peter Praet a déclaré: "Il faudrait aussi prendre en compte les risques de ne pas agir durant la présente réunion, qui pourraient être plus élevés que les risques d'agir".

"On pourrait s'attendre à un retournement de l'évolution récente des marchés financiers si aucune nouvelle mesure de politique monétaire n'était annoncée", lit-on encore dans le compte rendu.

"L'impact positif associé (...) pourrait se dénouer et un degré plus élevé de volatilité et d'instabilité sur les marchés financiers pourraient créer des risques additionnels."

Finalement, un consensus s'est dégagé parmi les membres du Conseil des gouverneurs. "Il y avait un point de vue largement partagé selon lequel toutes les conditions étaient réunies pour prendre de nouvelles mesures de politique monétaire lors de la présente réunion."

Les dissidents, avec à leur tête la Bundesbank pense-t-on, ont gagné quelques concessions. Une partie seulement du risque sera supportée par la BCE, l'essentiel restant à la charge des banques centrales nationales de la zone euro.

Ces derniers avaient également jugé que racheter des obligations émises par des entreprises serait une meilleure idée encore qu'il fut généralement admis que l'effet serait limité puisque ce marché était de petite taille.

"Dans le même temps, il a été observé que cette classe d'actifs ne devait pas être ignorée lors d'un nouvel examen à l'avenir, si le besoin s'en faisait sentir".

Il s'agit du premier compte rendu, appelé "minutes" dans le jargon des marchés financiers, publié par l'institut d'émission européen. La BCE s'aligne ainsi sur la pratique d'autres grandes banques centrales comme la Réserve fédérale américaine, la Banque du Japon et la Banque d'Angleterre qui publient des comptes rendus après chacune de leurs réunions de politique monétaire.

Toutefois, il s'agit d'un exercice délicat, ce qui explique qu'aucun des 19 gouverneurs de banques centrales nationales qui assistaient à cette réunion ne soient nommés, la BCE souhaitant ainsi les protéger de toute pression politique dans leur pays. (Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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