Valéry Giscard d'Estaing prône un sortie de l'euro pour la Grèce

mercredi 18 février 2015 22h11
 

PARIS, 18 février (Reuters) - La Grèce doit sortir de l'euro et retrouver une monnaie dévaluable si elle veut régler les problèmes auxquels elle est confrontée, estime Valérie Giscard d'Estaing, qui met en garde contre une crise encore plus sévère en cas de maintien d'Athènes dans la zone euro.

"L'entrée de la Grèce dans l'euro en 2001 fut une erreur évidente, j'étais contre à l'époque et je l'ai dit", souligne l'ancien chef de l'Etat dans une interview aux Echos à paraître jeudi. "La Grèce ne peut régler ses problèmes aujourd'hui que si elle retrouve une monnaie dévaluable. Il faut donc envisager ce scénario très calmement, à froid, dans l'intérêt de la Grèce elle-même."

"Cette sortie lui permettrait de préparer un éventuel retour, plus tard", ajoute-t-il, assurant que la Grèce avait "toute sa place" dans l'Union européenne. "Ce processus de sortie ordonnée doit et peut se dérouler de manière non conflictuelle, dans l'intérêt mutuel de chacun. C'est ce que j'appellerais une 'friendly exit', une sortie dans un esprit amical."

Le nouveau gouvernement grec est engagé dans un bras de fer avec ses partenaires de la zone euro sur l'aide financière accordée à Athènes, le programme actuel de 240 milliards d'euros expirant le 28 février.

Une absence d'accord pourrait contraindre le pays à faire défaut sur sa dette et à sortir de la zone euro, un scénario qui, a prévenu le ministre des Finances Michel Sapin constituerait un "échec politique grave".

"Il est absurde de dire qu'il s'agirait d'un échec de l'Europe", indique Valérie Giscard d'Estaing. "La Grèce a besoin de se donner la possibilité de dévaluer sa monnaie. Si elle ne le faisait pas, sa situation s'aggraverait et déboucherait sur une crise encore plus sévère".

"La question fondamentale est de savoir si l'économie grecque peut repartir et prospérer avec une monnaie aussi forte que l'euro. La réponse est clairement négative", poursuit-il.

Interrogé sur la possibilité que la sortie de la Grèce de la zone euro fasse boule de neige et incite d'autres pays à faire de même, l'ex-chef de l'Etat répond : "il n'y a, à l'heure actuelle, aucune agitation particulière dans la zone euro. La situation de la Grèce est singulière et extrême." (Marine Pennetier, édité par Nicolas Delame)