PORTRAIT-Olivier Brandicourt, un profil prometteur pour Sanofi

jeudi 19 février 2015 23h30
 

par Noëlle Mennella

PARIS, 19 février (Reuters) - Sanofi a annoncé jeudi soir la nomination à sa direction générale d'Olivier Brandicourt, un transfuge de Bayer dont le profil laisse à penser qu'il saura faire face aux principaux défis du laboratoire pharmaceutique tout en étant compatible avec son conseil d'administration.

Olivier Brandicourt va donc quitter la direction de la branche santé du groupe allemand qu'il occupait depuis à peine 17 mois pour prendre la succession de Christopher Viehbacher, brutalement limogé par le conseil d'administration de Sanofi il y a plus de trois mois.

C'est un professionnel éprouvé de l'industrie pharmaceutique connaissant bien les pays émergents, un axe de croissance pour Sanofi, et il est français ce qui, comparativement à son prédécesseur germano-canadien, le met en situation de mieux négocier avec les contraintes de la culture sociale hexagonale.

L'homme est diplômé de biologie et spécialiste des maladies infectieuses et tropicales, un atout majeur pour Sanofi qui pourrait mettre prochainement sur le marché le premier vaccin au monde contre la dengue, la maladie tropicale la plus répandue après le paludisme.

Interne pendant huit ans à la Pitié-Salpetrière à Paris, ce père de trois enfants a rejoint en 1988 le laboratoire américain Parke Davis, racheté plus tard par Pfizer, où il va justement développer une molécule contre le paludisme.

Chez Pfizer il va gravir les échelons et deviendra directeur commercial chargé du Lipitor, le médicament vedette de la société contre le cholestérol, dont le brevet a expiré en 2011. Il y dirigeait l'activité "marchés émergents et produits matures" de juin 2012 à novembre 2013, lorsque Bayer le débauche.

Au cours de son bref mandat au sein du groupe allemand, Olivier Brandicourt a négocié l'acquisition de l'activité de soins de consommateurs de Merck pour 14,2 milliards de dollars ainsi que celle de la société norvégienne de biotechnologie Algeta, un spécialiste des traitements des cancers, pour 2,9 milliards de dollars.

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